Jusqu’à 170 appels en un jour, coups, insultes et menaces devant sa fille : plus de deux ans de calvaire révélés grâce à une patrouille salvatrice

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C’est une relation de violences qui a connu une fin aussi salutaire qu’inopinée lorsque les gendarmes de Lannemezan en patrouille ont recueilli la victime et une amie qui tentaient d’échapper au conjoint violent. Ce dernier était jugé en comparution immédiate.

Ce samedi soir, alors qu’ils sont en patrouille, les gendarmes de Lannemezan vont faire une rencontre sans doute salvatrice. Alors qu’elles se cachaient au passage d’une voiture qui pouvait être celle du conjoint violent auquel elles cherchaient à échapper, cette mère de famille et sa collègue tombent sur les forces de l’ordre. Elles vont alors leur confier s’être enfuies d’un loto auquel elles participaient et où le désormais ancien conjoint est apparu avec l’intention de l’attendre… Les gendarmes raccompagneront les deux femmes pour éviter toute mauvaise rencontre et parviendront à convaincre la victime de déposer plainte contre le conjoint, épilogue de deux ans de violence.

L’issue d’une relation de trois ans dont la douceur des premiers mois a vite laissé place « aux menaces, aux insultes, aux violences et à la volonté de contrôle systématique, à ce calvaire, qui fait qu’elle a vécu dans une peur permanente », comme dira son avocate. « Pourtant, c’est un bosseur qui s’occupe très bien de sa fille, dira la mère de famille lors de son audition. Mais je pense qu’il est malade. » Plombier, le prévenu n’en est pas à son premier fait de violences sur conjoint pour lequel il a déjà été condamné à de la prison ferme avec un suivi sociojudiciaire qui n’a manifestement pas suffi à stopper ces violences envers les femmes.

À l’origine des premières tensions qui ont viré ensuite en insultes, le refus de la compagne de prendre part à des relations échangistes. « Ensuite, les insultes ont continué pour rien. » La victime est même contrainte de se réfugier pieds nus dans un camion où elle passe la nuit pour échapper aux violences. Coup à l’oreille, cheveux tirés, et même gifle sous les yeux de sa propre fille. Le harcèlement est continu avec 3 910 appels en un an et même 170 en une seule journée. Un soir, le prévenu cueille la victime à la sortie de l’établissement scolaire où elle travaille, la tire par le bras pour la faire monter dans la voiture, sous les insultes, alors que sa fille pleure à l’arrière. « Je fais souffrir les autres et j’en souffre aussi. Je fais du mal à ceux que j’aime, s’excusera le prévenu. Je voulais vraiment éviter ça, mais je ne me l’explique pas. C’est quelqu’un de formidable, elle a bien fait de porter plainte. » « Oui, pour survivre » rétorquera la juge Gadoulet.

Venue témoigner lors de cette audience en comparution immédiate, la victime, qui ne demandera qu’un euro symbolique, avoue : « Mes enfants ne me reconnaissaient plus. Ils disaient que j’étais éteinte. » « On est vraiment dans une situation d’emprise avec une banalisation des violences verbales ou physiques qui crée un sentiment de culpabilité chez la victime, dira le procureur. Cette fatigue psychologique et ce rabaissement quotidien font qu’elle n’arrive pas à réagir. Heureusement qu’il y a eu cette rencontre avec les gendarmes ce soir-là, sans quoi… »

La défense tentera bien, au regard de violences sans ITT, de plaider qu’il n’y avait pas « l’intention de causer de blessures. Même si ne pas s’abstenir de porter des coups est déjà condamnable. D’ailleurs monsieur est conscient et ne minimise pas les faits. Sans doute doit-il bénéficier d’un suivi plus rigoureux et approfondi car il est réadaptable. » Se confondant en regret, l’auteur a été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis probatoire, une obligation de soins, un stage de sensibilisation et un parcours de prise en charge des auteurs de violences et une interdiction d’entrer en contact avec la victime comme de paraître à son domicile ou sur son lieu de travail.



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