Lourdes. À l’Ophite, une fête de quartier pour ne pas oublier

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l’essentiel
La fête du quartier de l’Ophite à battu son plein. Un moyen pour les anciens et les habitants encore là de continuer à faire vivre la cité, en pleine mutation…

La nuit tombe sur la cité de l’Ophite. Pourtant, le calme de ce soir de septembre est troublé par de la musique, qui vient de la maison de quartier. Ici se déroule la fête annuelle, avec cette année une saveur bien particulière pour les habitants, et ceux qui sont passés par la cité. À l’extérieur, tout un groupe discute. La famille Loustau n’habite pourtant plus l’Ophite depuis bien longtemps, mais pour ces Lourdais, c’était important de revenir pour cette soirée. C’est la première fois qu’ils viennent à la fête du quartier.

Une cité qui vit encore

« C’est toute ma jeunesse, raconte Denis qui est arrivé à l’Ophite en 1966. Il y avait une super ambiance, les étés on se retrouvait tous les soirs, on faisait comme des veillées… » Alors, voir les lieux se transformer, ça fait quelque chose… « Ça fait 40 ans qu’on s’est perdus de vue […] on voulait retrouver les anciens, faire une fête » explique Denis. Ce soir, il n’aura pas revu grand monde de l’époque, mais aura tout de même repris un bain de souvenirs.

Car c’est bien l’objectif de l’association « l’Ophite s’amuse » : continuer de faire vivre l’Ophite, pour les anciens, et aussi pour ceux qui y vivent toujours. « C’est important de garder ces liens-là » confie Estelle Lima, secrétaire de l’association. Parmi les habitants, Béatrice a passé quarante ans de sa vie dans la cité. Elle vit toujours dans les derniers bâtiments qui seront détruits. Du neuvième étage, elle a vu ceux qui sont déjà tombés. « C’est là où on a grandi, où nos enfants ont grandi… Ici, c’est le village dans la ville. »

Mais pour elle, l’histoire de l’Ophite se conjugue toujours au présent. « Ce n’est même pas de la nostalgie, c’est pour que le quartier continue à vivre. Il y a encore 200 familles sur place ! » Pourtant, le déménagement approche, « malgré nous, mais il faut le faire ». Si tout sera tombé d’ici 2029, les derniers habitants n’ont toujours pas de dates, ni de conditions de relogement. « On voit les gens qui partent, on ne sait pas où on va aller… On aimerait garder le cocon. »

D’ici là, les bénévoles de l’association de quartier ouvrent leurs activités à toute la ville, pour faire prospérer la vie de l’Ophite, après sa chute. « Peut-être qu’elle s’appellera l’association des anciens de l’Ophite » s’amuse Pascale, une voisine arrivée en 1983, « mais il faut qu’elle perdure » conclut Cathy, dont les parents se sont installés en 1966. Peut-être qu’elle permettra de continuer à faire vivre tout un quartier, qui est voué à changer.



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