Mouvement de grève au collège de Sarsan à Lourdes. Les enseignants refusent de surveiller les épreuves du brevet. Une action qui met en lumière le malaise enseignant. Après l’agression d’une professeure et la suppression d’un demi-poste de CPE, les syndicats dénoncent un climat scolaire dégradé et un dialogue rompu. Pas d’inquiétude du côté des élèves. Ils peuvent passer normalement les épreuves du brevet, surveillés par d’autres personnels. On vous explique la situation.
Les banderoles étaient de sortie ce vendredi matin devant la cité scolaire de Sarsan, où les enseignants ont décidé de faire grève de la surveillance du brevet des collèges. Une mobilisation qui fait suite à la récente agression d’une professeure, mais qui révèle un malaise qui dure depuis des mois entre les syndicats et le rectorat, comme l’a indiqué Jonas Wijmer, secrétaire académique de la CGT Éducation : « Nous avons été sollicités en soutien de nos collègues de Sarsan à la suite d’une série de difficultés cette année, avec notamment des agressions dans l’enceinte de l’établissement. Un demi-poste de CPE est supprimé, cela ne tient pas compte de la grande souffrance du personnel enseignant et du climat scolaire qui en découle. Ce que nous voulons, c’est la possibilité de travailler correctement, or nous ne voulons plus travailler dans des conditions qui ne sont bonnes ni pour les enseignants ni pour les élèves. La Dasen nous a dit qu’on allait dialoguer, mais cela fait des mois que nous envoyons des courriers restés sans réponse, alors aujourd’hui, il est trop tard pour le dialogue ».
« Aucune nouvelle proposition du rectorat »
Reçus jeudi par l’inspection d’académie, sans réponse concrète et satisfaisante, ils ont donc voulu cette mobilisation, le jour du brevet, comme l’a précisé Guillaume Lebourdon, du syndicat SNES : « Ce matin, ce n’est pas contre les élèves, mais bien pour leur sécurité et leur bien-être. Ce que nous voulons, c’est qu’ils apprennent dans les meilleures conditions. Évidemment, c’est triste de devoir en arriver là, mais on veut des adultes supplémentaires et pas seulement qu’on nous dise qu’il faut nous former plus ».
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Également sur place et en soutien, les parents d’élèves de la FCPE ont les mêmes revendications : « Nous souhaitons pour nos enfants davantage de personnel encadrant, AED et services civiques, et le maintien de tout le personnel afin d’aider les élèves en difficulté, comme une assistante sociale, une infirmière et bien sûr un CPE. Nous sommes très inquiets quant à l’avenir de nos enfants et de la communauté éducative. Nous comptons sur Mme la directrice académique des services de l’Éducation nationale des Hautes-Pyrénées et M. le recteur de l’académie de Toulouse pour nous accompagner et accompagner tous les professeurs mobilisés en attribuant des moyens supplémentaires ».
Epreuves : d’autres personnels sont là pour surveiller
Des enseignants qui ont tenu à rassurer sur le passage des épreuves prévues ce jour-là : « Les élèves passent le brevet. Nous, nous sommes en grève, mais d’autres personnels sont là pour surveiller, cela ne change rien pour les collégiens ».
Néanmoins, à une semaine des vacances d’été, ils veulent réaffirmer leur détermination, au-delà de cette période : « La rentrée risque d’être très perturbée si nous n’obtenons pas satisfaction ».


