Lancée lors du pèlerinage du Rosaire 2024, la scène ouverte en plein milieu du Sanctuaire de Lourdes séduit les pèlerins, dont certains n’hésitent pas à se produire en public pour exprimer leur foi différemment.
Ce mercredi en début d’après-midi, ils sont une bonne centaine rassemblés au pied de la statue de la Vierge couronnée, au cœur du Sanctuaire de Lourdes. Pas pour déposer une rose ou faire une offrande, mais pour écouter, et chanter avec s’ils le peuvent, le petit groupe qui se produit sur scène.

Il ne s’agit pas de professionnels ou d’amateurs de musique mais de simples pèlerins venus à Lourdes pour le Rosaire, qui ont souhaité s’approprier la scène ouverte mise à disposition pendant toute la durée du pèlerinage. « Nous sommes des pèlerins de Bretagne et on a eu l’idée d’improviser une petite chorale pour chanter dans notre langue maternelle sur scène, raconte une des Bretonnes, habillée en tenue traditionnelle. Nous avons livré plusieurs chants religieux, en lien avec le pardon, mais en breton ! C’est sympa d’avoir ce moment de partage entre pèlerins, et de voir ceux qui connaissent la langue chanter avec nous. »
Une autre façon de pèleriner
Il s’agit de la deuxième année consécutive que la direction du pèlerinage du Rosaire décide d’organiser une scène ouverte sur le podium installé au pied de la Vierge couronnée, qui sert d’arrivée à la procession eucharistique de l’après-midi. « L’idée est que les pèlerins puissent s’approprier ce podium en dehors des célébrations, de sorte à créer un pèlerinage interactif, présente frère Hervé Jégou, le directeur. La scène libre est accessible sur deux plages horaires : une heure le matin après la messe (environ 10 h 45 à 11 h 45) et une heure l’après-midi avant la procession (environ 14 h 15 à 15 h 15). »
Pendant un quart d’heure maximum, sur un créneau qu’il est préférable de réserver auprès de la direction du Rosaire, les pèlerins qui le souhaitent peuvent donc offrir un moment musical (chant, musique, danse) à l’ensemble du pèlerinage.
Évidemment, il ne faut pas s’attendre à du Johnny Hallyday ou à une représentation issue d’un répertoire profane. « Nous sommes dans un Sanctuaire, dans le cadre d’un pèlerinage, donc on ne peut pas faire n’importe quoi. Cela doit rester correct, livre Xavier de Langautier, chargé de logistique au Rosaire. Mais, d’une manière générale, le concept est bien respecté. Cela permet à des pèlerins d’exprimer leur foi en dehors des célébrations habituelles, tout en proposant leur don artistique aux autres. C’est une autre façon de pèleriner. »
Lancée l’an dernier, cette initiative de scène ouverte séduit d’ailleurs de plus en plus. « Ce matin, il y a une chorale de jeunes puis un orchestre de cuivres. Cet après-midi, c’était un groupe de pèlerins qui chantait en breton. C’est chouette de voir tout cela, se réjouit Xavier. Plusieurs créneaux ont déjà été réservés dans les jours à venir. » Et nul doute que cette scène ouverte devrait être reconduite pour les prochains pèlerinages du Rosaire…


