Un dispositif inédit de surveillance de la qualité de l’air vient d’être mis en place à Lannemezan. Porté par l’État, les collectivités, les industriels et ATMO Occitanie, il vise à garantir transparence et information auprès des habitants.
Face à l’évolution de la zone industrielle de Peyrehitte, les riverains s’interrogent sur la qualité de l’air. En juillet dernier, le préfet des Hautes-Pyrénées a donc mis en place une Commission de Suivi de Site qui a acté la création d’un observatoire de la qualité de l’air sur le plateau de Lannemezan pour lequel l’État et les acteurs locaux ont sollicité ATMO Occitanie en tant qu’observatoire indépendant agréé pour surveiller la qualité de l’air.
Lors de la réunion avec les élus des diverses collectivités, les industriels et ATMO Occitanie, le dispositif inédit de surveillance de la qualité de l’air dans l’environnement de la zone industrielle de Peyrehitte a été présenté par le préfet, Jean Salomon : « Ces CSS, ce n’est pas si commun et ne se substituent pas aux différents CSS déjà mis en place dans les entreprises. Nous avons décidé de le créer en réponse aux inquiétudes liées à la multiplication des industries, avec un seul objectif : la transparence. »
« Notre boussole c’est l’intérêt général »
Il s’agit d’évaluer si les concentrations de polluants suivis dépassent localement les valeurs limites pour la protection de la santé ou de l’environnement et d’évaluer plus précisément la contribution des différentes sources de polluants : industriels, moyens de transport, dispositifs de chauffage. « Un vrai espace d’échange » a souhaité le représentant de l’État qui a expliqué que l’heure n’était plus aux batailles d’experts : « Je souhaite que la CSS dure longtemps et que tout le monde ait les mêmes infos ». Emilie Dalix, la présidente d’ATMO Occitanie, a ensuite pris la parole pour présenter cette structure dont la réputation n’est plus à faire : « Nous sommes un organisme indépendant et il est important de le souligner. Une indépendance garantie par la gouvernance et les financements multipartites. Nous sommes donc aussi transparents et nous publions tous les résultats quels qu’ils soient ». Elle a expliqué sa volonté de travailler avec tous les acteurs du territoire, particulièrement impliqués : « Je veux souligner le dynamisme local dans le souhait de disposer de données scientifiques et objectives pour évaluer la qualité de l’air. Les interrogations des riverains sont légitimes : ils ont besoin de réponses, et nous sommes là pour améliorer les connaissances sur la qualité de l’air, en assurer le suivi et vérifier d’éventuels dépassements de seuils. Notre boussole c’est l’intérêt général ». Dominique Tilak, directrice générale d’ATMO Occitanie, a détaillé le fonctionnement du site internet où seront diffusées toutes les informations relatives à la qualité de l’air : « Nous mesurons en continu et en temps réel, et nous mettons à disposition du public les données ainsi que le détail des valeurs limites. Ce dispositif est mis en place pour trois ans ». Bernard Plano, le maire de Lannemezan et président de la CCPL, a insisté sur le fait que ce partenariat était une volonté collective : « On ne subit pas, nous l’avons voulu avec les collectivités et les industriels ». Une position de transparence partagée par le préfet : « Nous sommes responsables et n’avons aucun intérêt à dissimuler des informations : nous partagerons les données ». Les mesures débuteront dès le mois de novembre et les premiers rapports seront publiés au mois de décembre.


