Pyrénées – Législative : Pourquoi Jean-Bernard Sempastous se retire sur la première circonscription

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Il avait annoncé à chaud dimanche soir qu’il se maintenait. Mais après une nuit de réflexion et après avoir discuté avec ceux qui l’ont soutenu, Jean-Bernard Sempastous se retire. Il s’en explique.

Jean-Bernard Sempastous, de la majorité présidentielle, a annoncé ce lundi 1er juillet à 16 heures qu’il se retirait de la campagne électorale pour le deuxième tour des élections législatives sur la première circonscription. Il était entouré de sa suppléante, Maria Lecaudey.

« Nous avions 11 000 voix en 2022 au premier tour, nous en avons eu plus de 14 000 dimanche soir. Ça fait 3000 voix de plus malgré un contexte difficile aussi bien nationalement que localement. On a fait + 5 % par rapport au national. Nous en sommes fiers. Je veux remercier nos militants qui ont œuvré pendant trois semaines comme des fous. Nous avions une cinquantaine de personnes derrière nous. Je veux remercier aussi Maria qui a accepté de m’accompagner. Elle a apporté à ma candidature une notoriété d’élue locale. Cela aussi explique le bon score. Je remercie aussi les élus qui nous ont accompagnés : Jacques Brune, Pascal Claverie et aussi Michel Pélieu qui est venu à une réunion. »

Jean-Bernard Sempastous a expliqué qu’il avait défendu un projet de territoire. « Nous avions un programme. Nous défendions trois valeurs fortes qui vont être en danger dans les semaines qui arrivent. Concernant la santé d’abord, quid de l’hôpital commun de Lanne et ce qui était envisagé sur l’hôpital de Lannemezan ou celui de Bagnères-de-Bigorre ? Ce n’est pas en gueulant devant des hôpitaux qu’on résout des problèmes. Nous avions des propositions pour l’économie. Nous voulions accompagner les entreprises et en chercher de nouvelles. Enfin, nous voulions défendre la République avec les valeurs de laïcité. »

« On a clairement un danger républicain qui est représenté par le Rassemblement National »

Il a ensuite parlé des deux candidates qui vont rester en lice pour le deuxième tour. « Nous avons en face de nous deux candidates. La députée sortante de la France Insoumise qui a brillé par son absence mais qui a aussi brillé par des positions très surprenantes. Loin de défendre le territoire, elle a eu une position bien parisienne et militante. De l’autre côté, nous avons une militante du Rassemblement National, inexpérimentée et qui a multiplié des propos inqualifiables qu’on ne peut pas partager et que je condamne fermement. Ce qui compte pour nous, c’est la République. Ce sont nos convictions qui nous habitent. En responsabilité, nous avons pris la décision de ne pas nous maintenir au deuxième tour dimanche. Ainsi, chaque citoyen choisira en son âme et conscience librement celle qui représentera ses idées. Les voix des électeurs des Hautes-Pyrénées ne nous appartiennent pas. Nous sommes en face d’un danger politique avec la députée sortante LFI par ses positions à l’Assemblée nationale et sur le terrain qui sont plutôt dans la destruction, dans la contestation que dans la construction. Mais il faut avouer aussi qu’elle ne représente pas entièrement tout le Nouveau Front Populaire que l’on retrouvera à l’Assemblée nationale. De l’autre, on a clairement un danger républicain qui est représenté par le Rassemblement National. On espère que le RN n’aura pas la majorité absolue la semaine prochaine et que la France Insoumise ne l’aura pas non plus. »

« Nous sortons la tête haute et avec élégance »

Il a ensuite expliqué les raisons pour lesquelles il avait changé d’avis. « J’ai une équipe. Je n’ai pas pris ma décision seul. J’en ai beaucoup parlé avec Maria et toute mon équipe. J’ai également parlé avec des élus, Jacques Brune, Bernard Verdier, Pascal Claverie. J’ai également parlé avec les jeunes militants. J’ai aussi été touché par de nombreux SMS d’amis de Bagnères-de-Bigorre qui ont voté pour moi hier et qui ne partagent pas toutes mes idées. Ces gens-là m’ont fait remonter des informations par rapport à un danger républicain fort que nous ne voulions pas porter avec Maria. J’ai tranché ce matin en décidant que nous allions nous retirer. Je l’assume. Je pense que des gens vont aussi être déçus par notre décision. Certains élus n’étaient pas d’accord, d’autres grands élus étaient d’accord avec moi. Je n’ai pas reçu un appel de Gabriel Attal. Nous sortons la tête haute et avec élégance. Ça me va bien. Je suis soulagé. On se devait de sortir du jeu. »

Maria Lecaudey a dit quelques mots. « C’est Jean-Bernard qui a tranché. Le débat a existé dès hier soir. Nous avons évolué entre hier soir et ce matin en discutant et échangeant. Il n’y a eu aucune pression pour prendre une telle décision. »

Jean-Bernard Sempastous a conclu. « Cette campagne a été positive. Nous avons été bien reçus. Il nous a manqué 3000 voix pour être au second tour. Je pense qu’il va y avoir une recomposition après ces législatives. Il va y avoir une recomposition centrale qui va s’organiser. La force du Rassemblement National en France va obliger les élus à sortir de leur confort politique. Si on ne fait rien, on va continuer à aller contre le mur. »

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