Le conseil national a validé vendredi la candidature de Denis Fégné, maire d’Ibos, pour la deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées. Il se présente avec Pascale Labedens, maire de Pujo.
Maire d’Ibos depuis 2013, le socialiste Denis Fégné a décidé de relever le défi des élections législatives. Il a été investi dans la deuxième circonscription. Lors d’une conférence de presse ce lundi 17 juin, il était entouré de sa suppléante Pascale Labedens, de la sénatrice Viviane Artigalas, de Yannick Boubée, conseiller départemental et président de l’OPH 65, et de Nicolas Touron, premier secrétaire fédéral du Parti socialiste des Hautes-Pyrénées.
« Je suis le candidat titulaire du ‘Nouveau Front Populaire’ et j’ai choisi pour suppléante Pascale Labedens, maire de Pujo, dans la communauté Adour-Madiran. Nous partageons les mêmes valeurs d’humanisme et d’engagement au service des gens et de l’intérêt général. J’ai choisi de déclarer ma candidature pour cette campagne législative ultra-rapide dans le village d’Ibos. J’ai 63 ans, je suis marié, père de deux enfants, maire d’Ibos depuis 2013, vice-président de la CATLP en charge des finances, président du Centre de gestion de la fonction publique territoriale des Hautes-Pyrénées et suppléant de Viviane Artigalas, sénatrice des Hautes-Pyrénées. J’ai grandi dans une famille de paysans, dans une ferme d’une trentaine d’hectares de terres, qui pratiquait ce qu’on appelait dans le journal ‘La Terre’ l’activité ‘polyculture-élevage’. Ma vie professionnelle a été en grande partie consacrée à l’éducation spécialisée auprès d’enfants, d’adolescents et de parents en difficulté. Je suis engagé depuis longtemps, à la fois en politique au Parti socialiste et dans le domaine syndical à la CFDT Santé-Sociaux. J’ai toujours été fidèle à mes convictions et à mes engagements politiques et syndicaux, et ce n’est pas à 63 ans que je vais les renier. Ici, à Ibos, comme tous les élus municipaux, je suis engagé dans l’action publique de proximité et je crois modestement avoir acquis une bonne expérience des rapports humains et de l’action publique. »

« Il y a encore 8 jours, je n’imaginais pas être devant vous ce matin à Ibos pour une candidature à une élection législative »
Il a ensuite expliqué pourquoi il se présentait à cette élection : « Pourquoi avoir candidaté à cette élection surprise, dont la dramaturgie reste à écrire, et qui peut très mal se terminer à cause de dirigeants égocentriques, insensibles et calculateurs. Il y a encore 8 jours, je n’imaginais pas être devant vous ce matin à Ibos pour une candidature à une élection législative. Au soir du scrutin des élections européennes du dimanche 9 juin, j’ai ressenti comme vous un choc et de l’abattement en voyant le résultat et la progression du Rassemblement National. Ce poids, je l’ai toujours en moi, et je l’aurai tant que je n’aurai pas lutté jusqu’au bout pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir. Vous voyez, je ne me trompe pas d’adversaire. Quand on est républicain, quand on connaît, comme tous les gens de mon âge, l’héritage dont est issu le Rassemblement National, il y a un risque pour la cohésion de la République, on se lève et on y va ! Dans notre département, dans la grande majorité des communes, 4 électeurs sur 10 ont voté pour le Rassemblement National, et nous devons tous nous interroger. La situation politique du pays est grave. Le président de la République, qui s’était engagé à combattre efficacement les populismes et l’extrême droite, a échoué. Après avoir affirmé que le résultat des européennes ne l’engagerait pas au niveau national, il a décidé d’une dissolution au risque du chaos ! Rien ne l’y obligeait ! Pourquoi a-t-il fait cela, au risque d’une crise majeure sur le plan économique et social, au risque de mettre gravement en danger nos principes républicains ! Car aujourd’hui, même ses plus fidèles disciples s’interrogent sur sa démarche et craignent un retour de bâton ! Et pourtant, ils ont bien appris la leçon du grand maître, les princes de la communication, à coup de débauchage et de trahison, de mépris des ‘petites gens’ et des élus locaux. Ces girouettes oscillent, en fonction du vent, entre la droite décomplexée et la social-démocratie, afin de s’accrocher à leur maigre pouvoir et de continuer à exister politiquement, à coup de leçons de démocratie verticale. C’est cette politique de l’‘en même temps’ qui a fini par vider de sa substance le débat démocratique traditionnel gauche-droite et a créé ce nouveau et fâcheux clivage : ‘Moi ou le chaos de l’extrême droite’. Et là, comme par hasard, devant la crise politique majeure qui s’annonce, les voilà en train de donner un coup de barre franche vers l’humanisme et la social-démocratie, que dis-je, de se revendiquer même d’une gauche modérée et socio-démocrate. Ça va ! On a compris le manège ! Nous ne sommes pas dupes ! Car si ces Messieurs voulaient sincèrement se revendiquer d’une gauche républicaine, sociale et écologique, il fallait soutenir et faire la belle campagne de Raphaël Glucksmann aux européennes. Mais ces manœuvres de bas étage et picrocholines ne sont plus à la hauteur des enjeux et de la crise que le pouvoir actuel a provoquée par sa suffisance et son mépris. »

« Je suis un élu de terrain, pragmatique et les pieds sur terre »
Pour Denis Fégné, il n’y avait pas d’autres solutions qu’un rassemblement à gauche : « Nous devons nous rassembler, réaliser une union sacrée de toutes les forces de gauche et de progrès. Les quatre partis de gauche se sont accordés sur une plateforme programmatique et ont créé le ‘Nouveau Front Populaire’ pour construire une alternative républicaine et combattre l’extrême droite. Ce Nouveau Front Populaire, social et écologique, je veux l’incarner dans cette deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées. Je veux l’incarner et rassembler toutes les forces de la gauche sociale, écologiste et humaniste dont je suis issu et qui m’ont construit. Je veux l’incarner dans le respect et l’écoute des différentes composantes de la gauche et de ses diversités. Je suis un élu de terrain, pragmatique et les pieds sur terre. Avec mes collègues maires, nous avons appris à constituer des budgets, soit raisonnés soit plus volontaires, mais toujours équilibrés. Ce pragmatisme, cette rigueur budgétaire, je serai là pour en rappeler la nécessité si, d’aventure, je devais participer aux travaux de la haute assemblée. Je serai toujours là aussi pour rechercher le compromis, la pondération et le respect, et refuser l’invective et l’outrance. J’ai ici les engagements qui sont inscrits dans notre programme pour répondre aux préoccupations des Français. Certains de ces engagements devront être affinés, modulés en fonction des éléments de contexte et des positions qui font la diversité de ce Nouveau Front Populaire, mais il faut impérativement répondre aux attentes des Français en termes de pouvoir d’achat, de conditions de travail, de logement, de service public, d’accès à la citoyenneté, de transition écologique, de réindustrialisation, de sécurité, de soutien à notre agriculture, à la ruralité et au pastoralisme, de solidarité, de soutien à l’Ukraine, de luttes contre les racismes et toutes les formes de discrimination. Parmi tous les engagements que nous prenons, j’ai la conviction qu’il faudra réfléchir à la question de l’accès à la culture et à la promotion des diversités culturelles, mais aussi à la place, au rôle et à l’impact des médias et des réseaux sociaux dans notre démocratie. »

Une campagne de terrain
Il a ensuite expliqué comment il allait mener cette campagne : « Ce sera une campagne de terrain pour tenter de convaincre les abstentionnistes des enjeux de cette élection, pour échanger avec les habitants de notre territoire, pour faire remonter leurs propositions et leurs besoins. Cette campagne, je souhaite qu’elle soit respectueuse des diversités de nos partenaires du Nouveau Front Populaire. C’est l’engagement que nous avons pris lors de la réunion de vendredi à Tarbes. Je souhaite aussi que nous soyons autonomes, chacun dans notre circonscription, pour le déroulement de la campagne, dans la solidarité et la loyauté, sur la base des engagements que les états-majors ont validés ensemble. Je souhaite enfin que ce rassemblement aille bien au-delà des partis politiques et qu’il soit ouvert, fécond, positif, fier de nos valeurs. J’appelle le mouvement syndical et associatif à nous aider pour gagner cette élection, pour offrir une véritable alternative républicaine, sociale et écologique, laïque, respectueuse des différences et intransigeante face à toutes les formes de racisme. À chacun d’entre nous d’apporter son énergie et son enthousiasme pour éviter le pire qui nous est promis par l’arithmétique des chiffres. Nous avons les moyens de l’emporter, fidèles et enracinés dans nos convictions, avec humilité et droiture ! »

Ils soutiennent la candidature de Denis Fégné
Il a alors donné la parole à ses amis qui l’entouraient et qui vont l’aider dans cette campagne électorale des législatives. La première à prendre la parole a été sa suppléante, Pascale Labedens : « Je suis élue municipale depuis 16 ans à Pujo, village de 650 habitants, et maire depuis 4 ans. Je suis également investie de longue date dans le milieu associatif et syndical. J’ai été profondément choquée par le résultat des élections européennes. Dans mon village par exemple, il y a eu 53 % des votes pour l’extrême droite. Je ne peux me résoudre à laisser le Rassemblement National gouverner notre pays. Même si je suis sans étiquette politique, je suis sensible aux valeurs de solidarité et d’humanisme. La fille d’ouvrier que je suis croit fortement à la justice sociale et à la devise républicaine, Liberté, Égalité, Fraternité. C’est pour cela que j’ai souhaité rejoindre le Nouveau Front Populaire en m’engageant aux côtés de Denis Fégné pour porter le programme et les engagements de la gauche. Je suis persuadée que seul un rassemblement de toutes les forces de gauche peut empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir. »
Viviane Artigalas, la sénatrice socialiste des Hautes-Pyrénées, a expliqué qu’elle allait mener cette courte campagne avec Denis Fégné : « Il m’a dit après les résultats des européennes : ‘Il faut faire quelque chose.’ Il a ensuite pris la décision de se présenter. Bien évidemment, je le soutiens. Nous partageons les mêmes valeurs. Je m’inscris totalement dans ce Nouveau Front Populaire. Cette alliance au Sénat, nous la faisons depuis 2017 avec les écologistes et le PCF. Je suis heureuse de voir que dans le programme du Nouveau Front Populaire, il y a la volonté de revenir sur la réforme des retraites, l’assurance chômage, la loi asile et immigration. Ils sont maires tous les deux. C’est important d’avoir des députés qui ne sont pas hors-sol. Denis et Pascale sont sur le terrain, ils connaissent la vraie vie des gens. »
« Denis fait partie des talents du Parti Socialiste des Hautes-Pyrénées«
Nicolas Touron, premier secrétaire fédéral du Parti socialiste des Hautes-Pyrénées, a dit quelques mots : « Je souscris à tout ce qui a été dit. Denis fait partie des talents du Parti Socialiste des Hautes-Pyrénées. On a voulu nous enterrer un peu trop rapidement. Le PS sur le département, lors des européennes, est la première force de gauche. Sa candidature sur cette circonscription était naturelle et légitime. Je suis très heureux et très fier que le PS soit représenté par Denis Fégné sur cette 2ème circonscription. Je trouve aussi très bien que Pascale ait décidé de s’investir avec lui. »
Yannick Boubée a enfin dit quelques mots : « J’ai beaucoup d’émotion à être là ce matin. Je ne pensais pas il y a une dizaine de jours être dans cette salle ce matin. Il y a quelque chose d’extraordinaire qui est en train de se passer. En effet, nous devons réagir. Je suis ravi que le Nouveau Front Populaire soit né. C’est véritablement un exploit en quelques jours. L’objectif est de lutter contre la peste brune que représente le Rassemblement National, mais aussi de bâtir un programme formidable pour la France. La dynamique est aujourd’hui à gauche. La République a été considérablement abîmée. Nous avons été brutalisés pendant des années. Seule la gauche, avec ses valeurs, est en mesure de redonner du sens et une direction. Je suis ravi de la candidature de Denis. Ça m’a fait pleurer. Car même si nous sommes différents, nous nous apprécions beaucoup dans nos différences. Nous sommes réunis par des choses essentielles : intérêt général, humilité, respect, humanité. On a vraiment besoin de Denis et Pascale. »
Une première femme maire à Ibos s’il est élu député
Si Denis Fégné est élu, il devra quitter son poste de maire. Il est prêt à faire ce sacrifice : « Là, je pense que je vais pleurer comme Yannick ! Ibos, c’est ma vie. J’ai pris la suite de Daniel Frossard qui est là aujourd’hui. Nous sommes encore quelques socialistes dans cette commune. Si, par un malentendu, j’étais élu député, il y aurait peut-être une belle surprise à la mairie d’Ibos avec le premier député et la première femme maire. Il suffit de regarder l’ordre du tableau. »


