Les deux candidats du nouveau Front Populaire devaient être présentés ce jeudi pour les élections législatives des Hautes-Pyrénées. Il faudra patienter pour la deuxième circonscription.
L’ensemble des composantes du Nouveau Front Populaire des Hautes-Pyrénées avait rendez-vous ce jeudi 13 juin à 18 h, place de la mairie à Tarbes, pour une conférence de presse. Cela devait être l’occasion d’annoncer les candidatures du Nouveau Front Populaire sur les deux circonscriptions des Hautes-Pyrénées pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains. Le Parti Socialiste des Hautes-Pyrénées n’était finalement pas représenté à cette conférence de presse. La candidate de la première circonscription, Sylvie Ferrer, était présente avec son suppléant Benjamin Sire.

« Dimanche 9 juin, après les résultats des européennes, le président de la République, Emmanuel Macron, a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale, au pire moment, là où le Rassemblement National sort renforcé de ce scrutin, » a expliqué la députée sortante de la première circonscription, Sylvie Ferrer. « Nous prenons acte. Nous, nous sommes prêts. Un accord a été entériné entre tous les partis de gauche : PS, PCF, EELV, La France Insoumise, Génération S et le NPA. Un nouveau Front Populaire a donc vu le jour en 24 heures vu l’urgence. Nous avons l’extrême droite aux portes du pouvoir. »
Pour Sylvie Ferrer, c’est un signe fort alors que ces partis étaient partis divisés pour les élections européennes. « L’enjeu est tel que la décision a été rapidement prise de se retrouver et de trouver un accord sur les circonscriptions. LFI a 229 circonscriptions, 175 pour le PS, 75 pour EELV et 50 pour le PCF. Il reste encore à s’accorder sur les lignes programmatiques et sur la répartition des circonscriptions. C’est pour cela que nous ne pouvons pas vous présenter le candidat du nouveau Front Populaire sur la deuxième circonscription. Moi, je suis candidate sur la première circonscription avec comme suppléant Benjamin Sire. »
« On reviendra sur le projet d’hôpital unique »
Sylvie Ferrer a expliqué que les électeurs attendaient aussi de connaître le programme du nouveau Front Populaire. « Nous avons aujourd’hui des millions de pauvres à cause du gouvernement. Le gouvernement s’apprête à promulguer le décret pour valider la réforme de l’assurance chômage, qui va encore mettre d’autres personnes dans la précarité. Nous augmenterons le SMIC si nous arrivons au gouvernement, mais aussi les minima sociaux, les pensions de retraite, l’allocation d’autonomie pour les jeunes. Nous abrogerons la réforme des retraites par décret. Nous reviendrons ensuite à une retraite à 60 ans. Nous défendrons et développerons nos services publics, notamment en milieu rural. Nous garderons nos hôpitaux de Tarbes, de Lourdes, de Bagnères-de-Bigorre, de Vic-en-Bigorre et de Lannemezan. Nous les moderniserons. On reviendra donc sur le projet d’hôpital unique. On a vu passer 22, 49-3. C’est inadmissible. On ne peut pas gouverner contre le peuple. La réforme des retraites a été imposée comme cela. Les gens de gauche doivent réagir à l’occasion de ce scrutin. »
» Nous voulons rendre la vie moins dure pour les gens »
Sylvie Ferrer a ensuite expliqué comment elle allait mener cette campagne, qui est très courte. « Nous nous sommes tous rencontrés hier soir. On a établi un petit calendrier avec des mobilisations. Nous avons l’habitude d’aller sur le terrain afin de rencontrer les gens. Nous allons distribuer des tracts, dialoguer… On va défendre notre programme. Nous allons tous nous mobiliser pour cela. »
Lorsqu’on lui demande si cette campagne va être plus facile pour elle, qui est la députée sortante, elle ne crie pas victoire. « Ça ne va pas être plus facile. Nous n’avons pas la main sur le choix des électeurs. C’est à nous de défendre nos mesures importantes. Nous voulons rendre la vie moins dure pour les gens. Ce qu’on propose, c’est ce qui va être important. »
Sylvie Ferrer prêt à combattre contre Jean-Bernard Sempastous et le représentant du RN
Pour ce scrutin, elle retrouvera sur sa route Jean-Bernard Sempastous mais aussi un candidat du Rassemblement National. Lorsqu’on lui demande lequel elle craint le plus, elle explique qu’elle est prête à débattre avec les deux. « Je ne crains personne. Moi, je pars à la bataille. Je l’ai déjà fait en 2022. Je suis prête à le refaire. Les électrices et les électeurs décideront. On va travailler pour que le pays ne soit pas dans les mains de la droite et de l’extrême droite, et ce, tous ensemble. »
Lorsqu’on lui demande si les électeurs vont croire à cette nouvelle alliance à gauche après l’explosion de la NUPES, Sylvie Ferrer donne ses arguments. « Je ne sais pas si ‘explosion’ est le mot. Moi, je salue ce que nous avons réussi à faire en créant ce Front Populaire. Nous sommes sur un enjeu qui est au-dessus de nos propres personnes. Ça va se faire car l’enjeu est trop important. »

L’absence du Parti Socialiste ce jeudi soir
Enfin, le nouveau Front Populaire des Hautes-Pyrénées a été interrogé sur l’absence de représentants du Parti Socialiste des Hautes-Pyrénées lors de cette conférence de presse. « Le candidat de la 2ème circonscription n’a pas encore été désigné. C’est imminent. Nous sommes dans l’attente. Ça se décide au niveau national. Le PS des Hautes-Pyrénées est avec nous. »
Cette conférence de presse a aussi été l’occasion de lancer un appel large à manifester samedi 15 juin à 10 h, à l’appel de l’intersyndicale, contre l’extrême droite. Le nouveau Front Populaire des Hautes-Pyrénées sera présent. Yves Castéra a lancé un appel à la population afin de participer à cette manifestation. « Nous allons donner le ton dès samedi. Si on perd, on perd tous ensemble. Le Front Populaire doit gagner car il n’y a pas d’autre alternative. Le PS est dans le Front Populaire. Ils sont là, même s’ils ne sont pas là physiquement ce soir. Samedi, ils seront là. Toute la population doit participer à cette manifestation. »



