RENCONTRE. Philippe Pujo, le peintre du polyptyque monumental qui sublime l’église paroissiale de Lourdes

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l’essentiel
Créateur du polyptyque monumental installé dans le chœur de l’église paroissiale, le peintre bagnérais Philippe Pujo a grandement participé, avec d’autres, à l’embellissement et la modernisation de l’édifice.

À peine entré dans l’église du Sacré-Cœur restaurée, le regard se fixe aussitôt sur l’éclat bleu de l’abside. En s’approchant, apparaît alors un monumental polyptyque, un ensemble de cinq tableaux de 6,15 mètres par 2 mètres chacun, qui entoure la statue du Christ. Il est l’œuvre de Philippe Pujo, un artiste de Bagnères-de-Bigorre auprès duquel l’association « Le Toit du chœur », engagée depuis 10 ans pour la rénovation et l’embellissement de l’église paroissiale de Lourdes, a passé commande.

« La mission confiée était de raconter l’histoire du Sacré-Cœur, ce à quoi l’édifice est consacré, pose le peintre bagnérais. Sur chacun des panneaux, en haut, sont représentés les grands fondateurs de la transmission de l’idée du Sacré-Cœur en France. Et en dessous, je déploie à la fois l’idée du Sacré-Cœur et à la fois des idées qui me sont chères sur ce qu’est le peuple de Dieu à l’intérieur d’une église… » L’artiste a notamment représenté deux cultures, celle de la terre et celle de la pierre, en peignant de vraies personnes, issues de son entourage ou de ses connaissances, dont certains visages sont familiers des Lourdais.

Philippe Pujo y a également intégré des symboles de Lourdes, comme l’eau, la roche ou la lumière… Le jeu d’ombre des panneaux est d’ailleurs de façon à avoir la sensation inconsciente que c’est la statue du Christ, située au centre, qui irradie de lumière. Aussi, de nombreux petits carrés de couleur ont été peints sur les tableaux afin de « renforcer la sensation de magie » : sont-ils peints ou bien reflétés par la lumière passant par les vitraux ?

« Une immense fierté »

À l’instar de Philippe Pujo, de nombreux artistes ont œuvré pour embellir et amener « un geste artistique » à l’intérieur de l’église paroissiale, comme souhaité par « Le Toit du chœur ». Mais ce spectaculaire polyptyque est assurément, de par sa taille, l’élément le plus susceptible d’attirer l’attention. « La réalisation m’a demandé plus de deux ans entre les études, les recherches à effectuer sur le sujet et la partie peinture, raconte le peintre. Il faut savoir que j’ai peint les panneaux dans l’usine Burugorri de Bagnères, au milieu des ouvriers, car mon atelier n’était pas assez grand… »

« C’est une immense fierté, un immense honneur de m’avoir accordé une telle confiance pour ce projet, poursuit-il. J’espère que mon travail est à la hauteur des attentes des habitués et des milliers de visiteurs qui fréquentent cette église. » Une consécration aussi pour ce diplômé d’un master de philosophie qui a découvert tardivement l’univers de la peinture. « À 18 ans, lors d’un cours d’arts plastiques, le prof nous a passé un documentaire sur Picasso puis un autre sur Mondrian. J’ai été captivé dans la seconde. Et depuis ce jour, je n’ai jamais arrêté de peindre. »

Cette passion s’est transformée en métier, que Philippe chérit pour la solitude et le silence qu’il trouve dans son atelier… Adepte d’une peinture contemporaine mais figurative, c’est-à-dire attachée au réel, l’artiste de 44 ans avait déjà été missionné pour réaliser les 14 stations du chemin de croix évangélique de l’église de Lourdes. Son travail ayant séduit, il s’est vu alors confier la réalisation du grand polyptyque qui sublime désormais les arcades du chevet de l’édifice paroissial. Une œuvre d’art qui, comme d’autres à l’intérieur de l’église rénovée, mérite le coup d’œil. Même sans être croyant…



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