Salon de l’agriculture : Le coup de gueule de Christian Fourcade le nouveau président de la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées

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Entre angoisse des agriculteurs, lourdeurs administratives et menaces sur l’avenir de la profession, Christian Fourcade, président de la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, pousse un cri d’alarme. Zones intermédiaires délaissées, hydraulique bloquée, prédation incontrôlée, projets d’infrastructures paralysés… Il dénonce des décisions politiques incohérentes et appelle à une réaction urgente pour préserver l’agriculture et l’économie locale. Un discours sans détour, au service d’un combat essentiel.

Suite aux dernières élections à la chambre de l’agriculture des Hautes-Pyrénées, Christian Fourcade a pris la présidence avec une équipe engagée et entièrement issue du monde agricole. Une équipe unie qui entend défendre les intérêts des agriculteurs face aux nombreux défis qui se dressent devant eux. Il a fait une intervention remarquée lors de l’inauguration du salon de l’agriculture de Tarbes, ce jeudi 6 mars 2025.

L’angoisse des agriculteurs et les zones intermédiaires délaissées

L’un des premiers constats dressés par Christian Fourcade est l’angoisse qui pèse sur les épaules des agriculteurs. « Les agriculteurs ont des angoisses par rapport à leur avenir, par rapport à leur revenu », souligne-t-il. Cette insécurité économique touche particulièrement les exploitations situées en zones intermédiaires, ces territoires qui ne bénéficient ni des avantages de la plaine ni de ceux de la montagne. « Ils galèrent de plus en plus parce qu’ils se sentent délaissés », affirme-t-il, insistant sur la nécessité de trouver des solutions pour ces agriculteurs qui luttent chaque jour pour survivre malgré des charges professionnelles toujours plus lourdes.

L’hydraulique : Une urgence bloquée par la bureaucratie

L’hydraulique est une question primordiale pour l’agriculture. « Il faut faire des réserves, ça fait 30 ans qu’on en parle et qu’on le dit », martèle Christian Fourcade. Pourtant, les projets de retenues collinaires sont systématiquement retardés par des recours administratifs et environnementaux. « On parle des mêmes sujets, des mêmes endroits, des mêmes retenues et ça fait 30 ans qu’on n’avance pas. »

Le président de la chambre d’agriculture dénonce un système où des associations, souvent extérieures au territoire, bloquent des travaux essentiels pour l’irrigation et la survie des cultures. « Vous faites un bâtiment de poulet label de 400m2, c’est le truc basique, vous avez une association contre », s’indigne-t-il. Il insiste sur le fait que « toutes les forces actives du département sont aujourd’hui bloquées dans leur développement à cause de cette complexité administrative ».

Les retenues collinaires sont une solution évidente pour l’agriculture locale, permettant d’assurer un approvisionnement en eau suffisant sans impacter les ressources naturelles. « On peut gagner des millions de mètres cubes très rapidement avec ces retenues collinaires et ces lacs. Donc que faisons-nous ? » interroge-t-il, appelant à des décisions politiques fortes pour sortir de cette impasse.

Les coûts d’irrigation sont également devenus insoutenables dans certaines régions des Hautes-Pyrénées. « On parle de coûts d’irrigation à 300, 400, 500 euros l’hectare, ce n’est plus possible ! » affirme-t-il. La question est simple : veut-on encore de l’agriculture dans ces territoires ? Si oui, il faudra agir et rapidement.

La prédation : Une menace de plus en plus présente

Autre dossier brûlant : la prédation. Longtemps cantonné à la montagne, le problème du loup s’étend désormais partout en France. « Aujourd’hui, elle n’est plus l’exclusive de la montagne puisqu’on entend parler du loup un peu partout », prévient-il. Avec la présence du loup et de l’ours dans les Pyrénées, les éleveurs sont à bout.

Christian Fourcade rappelle les propos d’un ancien président de la République qui affirmait qu’il ne pouvait pas y avoir « deux prédateurs dans les Pyrénées ». « Aujourd’hui, nous avons deux : l’ours et le loup. Ils sont de plus en plus nombreux. Qu’est-ce qu’on fait là aussi ? » questionne-t-il avec force. Pour lui, il n’y a pas d’ambiguïté : « Il faut agir et il faut laisser agir les professionnels que sont les lieutenants de louveterie ou les chasseurs. Et il ne faut pas dire qu’il faut faire des prélèvements. Il faut les éliminer. »

Le président met en garde contre les conséquences dramatiques de la prolifération du loup. « Les premières victimes du loup, c’est avant tout la faune sauvage », dit-il en citant l’exemple des mouflons réintroduits dans les Pyrénées, qui ont presque disparu en quelques années sous la pression prédatrice des loups. « Je prends l’exemple de la Drôme, où les chasseurs ont fait un témoignage là-dessus, et c’est important de le dire. »

Christian Fourcade insiste sur la nécessité de protéger les éleveurs, mais aussi sur l’impact psychologique que ces attaques ont sur eux.

L’A69 et le poids des recours administratifs

Christian Fourcade élargit ensuite son discours à la problématique plus large des infrastructures bloquées par les recours administratifs. Il prend pour exemple l’autoroute A69, projet aujourd’hui à l’arrêt. « Vu l’actualité que l’on a aujourd’hui avec l’histoire de l’autoroute A69, si on est à la merci du moindre juge orienté, je dirais, on est mal barré », s’exclame-t-il.

Le président de la chambre d’agriculture s’interroge sur la gouvernance actuelle du pays : « Il va falloir quand même un jour se poser la question dans ce pays : qui est-ce qui commande, ce sont les élus ou les juges ? » Cette interrogation, qui dépasse largement le seul cadre de l’agriculture, traduit un sentiment d’impuissance face à des décisions de justice qui paralysent les projets de développement.

Pour lui, la situation est préoccupante car elle touche non seulement l’agriculture, mais aussi toutes les forces économiques du pays : « Je mets là-dedans tous les artisans, les commerçants, le BTP… toutes les forces actives de ce département et en France sont aujourd’hui bloquées dans leur développement à cause de cette complexité administrative. »

L’A69 n’est qu’un exemple parmi tant d’autres où les infrastructures nécessaires à l’économie locale se retrouvent entravées par des procédures interminables. Christian Fourcade appelle donc à un allègement des contraintes administratives et à une prise de décision plus rapide et pragmatique, au service du développement des territoires.

Le salon de l’agriculture de Tarbes : Une vitrine essentielle

Enfin, Christian Fourcade conclut son discours en saluant l’importance du salon de l’agriculture de Tarbes. « C’est notre vitrine. C’est la vitrine de l’agriculture. C’est la vitrine de tout l’agroalimentaire. C’est la relation entre les citadins et le monde rural. »

Il insiste aussi sur la dimension festive et associative de l’événement, rappelant que de nombreuses associations sportives y trouvent des ressources pour financer leurs activités. « Ça leur permet de vivre et de faire tourner leur activité tout au long de l’année. »

Un discours fort, sans concession, qui met en lumière les préoccupations majeures du monde agricole dans les Hautes-Pyrénées. Christian Fourcade et son équipe ont six ans pour faire bouger les lignes. Le défi est immense, mais l’engagement est total.

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