Séméac. Intervention remarquée d’Araksya, une Arménienne

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Arménienne d’origine, enseignante de profession, Araksya, qui parle plusieurs langues, est devenue Séméacaise parfaitement intégrée. Elle avait lu avec émotion les mots écrits par Missak Manouchian avant d’être fusillés, en mars 2024 lors de la commémoration à Tarbes. A l’époque pour elle, étrangère, c’était très important d’être là, (comme elle l’est en terre séméacaise) en présentiel aux lieux mémoriels de la Résistance.

Lors du débat du dernier cinéma des CES et des COS elle a expliqué son parcours de réfugiée :

« Je suis Arménienne et je suis arrivée en France en 2017 avec mes deux fils (à l’époque 3 et 5 ans), mon mari opposant politique ne pouvait pas arriver avec nous. Au début il était difficile de ne pas se sentir perdue et seule.

Quand les étrangers fuient leur pays en raison de la guerre, de persécutions, ou de catastrophes naturelles, les réfugiés doivent faire face à la perte de leur foyer et au difficile voyage pour trouver un nouveau pays. Abandonner sa maison peut être complexe et chargé d’émotions, parce que ce n’est pas seulement un espace de physique, c’est un ensemble de souvenirs, de traditions. C’est le quartier dans lequel une personne a grandi, a ses repères, où ce sont des visages familiers d’amis, de la famille, avec les odeurs et sons des marchés locaux et tout un héritage culturel.

Pour ce qui me concerne quand j’ai quitté ma maison j’ai fait une bise à chaque rose du jardin car je ne pouvais au revoir à personne et je ne devais pas dire que je partais. Seule ma mère savait que je partais. J’ai fait croire aux enfants que nous faisions un jeu comme dans le film « La vie est Belle » de Benini.

Puis je suis arrivée au Prahda de Séméac, où j’ai beaucoup écouté les autres étrangers réfugiés (des Afghans, des Syriens, des Africains, des veuves seules avec leurs enfants) ; je parlais avec eux en leur disant qu’on était en France et en Paix. Dans ce pays nous avons trouvé soutien des gens et celui de l’association Citoyenneté et Partage. J’aime la France et son peuple, je ne me sens pas étrangère. C’est important de montrer que les étrangers font de belles choses, pour changer le regard des gens. »



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