La traditionnelle milonga de Tarbes en tango a débuté samedi 15 août au jardin Massey, rassemblant des danseurs du monde entier. Pour participer au festival, les participants sont prêts à mettre la main à la bourse. Si certains ont des techniques pour réduire les coûts, d’autres affirment ne même pas compter.
La trentaine de binômes tournent, tournent et retournent sur le parquet du jardin Massey. À la fin de la troisième danse, tous se séparent et se raccompagnent hors de la scène. À en voir les participants transpirants, la traditionnelle milonga de Tarbes en tango est bel et bien lancée, ce samedi 15 août. Heureusement qu’il y a la buvette et la terrasse. Profitant d’une pause bien méritée, Ariel et Ico viennent de s’asseoir. Le premier est Argentin, la seconde Espagnole.
Les deux amis vivent à Madrid. « C’est ma deuxième édition ! Ico m’a fait découvrir et depuis je ne veux plus en rater une seule », se réjouit Ariel. La fidélité du jeune danseur fait plaisir à voir… mais celle-ci n’est-elle pas trop coûteuse financièrement ?
« On doit être à 600 euros pour les dix jours »
« Vous savez, pour les Européens ce n’est pas trop difficile de voyager jusqu’ici. Les milongas sont gratuites, c’est déjà rare. On vient en voiture ce qui nous fait économiser le prix des billets », explique Ico. Sous un regard des plus sérieux, cette dernière marque une pause : « Si je compte les transports… le logement… et enfin la restauration… je dirais qu’on doit être à 600 euros chacun pour les dix jours je pense », affirme-t-elle, tout en précisant que le binôme n’est pas en couple.
Car la milonga, c’est avant tout une histoire d’amitié. De rencontres perpétuelles. Hervé tient à ce que la règle soit claire : « Il faut changer de partenaire après chaque rideau, en prenant bien soin de la raccompagner », insiste le jeune retraité. Le Parisien sait de quoi il parle : c’est la 22e fois qu’il vient au festival. « Ou 23e, je ne sais plus. » Alors en termes de coût, il en connaît un rayon.

« On peut venir avec un petit budget, il faut juste être malin. Il y a plusieurs années j’allais dormir au foyer des jeunes travailleurs. Comptons quelques dizaines d’euros par soir, et on arrive à 500 euros tout rond. Pour dix jours de vacances c’est plus qu’abordable », indique celui qui a vu Tarbes en tango grandir d’année en année. « De toute façon, c’est une addiction, je n’ai pas le choix… » Trois valses se sont terminées. Hervé met vite fin à la conversation pour retourner danser.
Le tango n’a-t-il pas de prix ?
Andy prend place sur sa chaise après de longues minutes de danse. Il tient peu ou prou le même discours. « On ne se fait pas d’amis ici ! On l’est déjà tous. C’est immanquable comme événement. Un des seuls aussi longs. Ailleurs ça ne dure que deux ou trois jours. » Venu en avion, cet Écossais reste plutôt taciturne quant au prix de ses billets. « Je mène une vie d’aventure », élude-t-il en ouvrant sa chemise à fleurs.

La question semble tout aussi sensible pour beaucoup d’autres danseuses et danseurs venus des quatre coins du monde. « Mais vous savez, pour le tango, rien ne sert de calculer », tente d’expliquer Andy en riant.


