La concurrence entre taxis et VTC s’intensifie à Lourdes. Les chauffeurs dénoncent trente-cinq véhicules Uber opérant illégalement dans la cité mariale et réclament l’intervention des autorités pour faire respecter la réglementation. La municipalité soutient les professionnels de la route, le député des Hautes-Pyénées, Denis Fégné a saisi le ministre des transports.
Les chauffeurs de taxi de Lourdes montent au créneau face aux dérives qu’ils jugent de plus en plus nombreuses de certains chauffeurs Uber et VTC. Dans la cité mariale, où le transport des pèlerins, visiteurs et touristes représente un enjeu économique majeur, les professionnels dénoncent une concurrence déloyale.
Malgré les contrôles régulièrement menés par les polices municipale et nationale, les taxis qui exercent dans le respect de la réglementation se disent exaspérés par ces pratiques. Benoît Destrade, de Taxi Lourdes Services, Mathieu Rivet, de la Fédération française des exploitants VTC, et Frédéric Camy-Dessus, président du groupement des taxis tarbais et de l’Union syndicale des taxis des Hautes-Pyrénées, souhaitent alerter les autorités tout en apportant une nuance importante.
« Nous travaillons avec les VTC qui exercent leur activité dans le respect de la loi. En revanche, nous ne pouvons pas accepter certaines pratiques, notamment la maraude électronique », expliquent-ils.
Une pratique interdite
La maraude électronique est réservée aux taxis. Or, selon les professionnels lourdais, certains chauffeurs Uber ou VTC venus de l’extérieur continueraient à stationner dans la ville après avoir déposé un client afin d’attendre une nouvelle course.
« Nous avons relevé 35 immatriculations de véhicules venant de Toulouse, Bordeaux ou encore Pau. Lorsqu’une course les amène à Lourdes, ils restent sur place dans l’attente d’une réservation. On les retrouve à la gare de Lourdes, à celle de Tarbes, à l’aéroport ou encore aux Halles Brauhauban », dénoncent les taxis. Une situation qui représente aussi un danger pour les personnes prises en charge : « Il faut aussi savoir qu’il existe des normes, notamment en matière de sécurité, pour les taxis, que nous respectons forcément mais pas eux ».
Face à cette situation, les chauffeurs qui exercent en toute légalité ont décidé d’écrire aux parlementaires du département, au procureur de la République, au préfet ainsi qu’à la DREAL, après avoir déjà alerté la municipalité.
« La Ville nous soutient et les forces de l’ordre jouent le jeu. Nous avons réellement besoin de cet accompagnement », soulignent-ils.
Des tensions sur le terrain
Les chauffeurs de taxi indiquent que les échanges avec certains conducteurs en infraction sont parfois tendus.
« Ceux qui sont impactés, c’est nous. Nous travaillons dans les règles et nous nous faisons parfois carrément agresser parce qu’ils savent qu’ils sont dans l’illégalité. Nous assistons directement à leurs pratiques. Ce qui est également frustrant, c’est qu’une grande partie des revenus générés par Uber ne profite ni au territoire ni au pays puisqu’elle repart aux États-Unis. En Italie, Uber est interdit. De notre côté, nos tarifs sont réglementés », rappellent-ils.
Le ministre des Transports saisi
Jean-Michel Labady, adjoint au maire chargé notamment de la sécurité publique, de la circulation et du stationnement, affirme le soutien de la municipalité aux taxis.
« Nous sommes totalement d’accord avec eux. Ce sont des professionnels qui ont investi dans des licences et qui assurent quotidiennement le transport des pèlerins comme des Lourdais. Ils subissent une concurrence illégale que nous prenons très au sérieux. Les décrets d’application de la loi ne sont pas encore publiés. C’est pourquoi le député Denis Fégné a écrit au ministre des Transports, Philippe Tabarot, afin de lui faire part de la situation critique que vivent nos professionnels et de demander un renforcement des sanctions contre les contrevenants. Nous attendons désormais la réponse du ministre, qui permettra aux forces de l’ordre d’intervenir plus efficacement. »


