TÉMOIGNAGE. « Ça ne pouvait être que lui » : un jeune artisan cambriolé mène l’enquête lui-même, arrête les suspects et les livre à la police

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l’essentiel
Matthieu, un jeune artisan de Lourdes, a appréhendé vendredi soir deux cambrioleurs qui avaient dérobé 30 000 euros en matériel et argent dans son entreprise jeudi 27 août au petit matin. Après avoir reconnu l’un d’eux sur les vidéos de surveillance, il a récupéré une partie des biens volés et conduit les suspects au commissariat où ils ont été placés en garde à vue. Témoignage.

Au lieu d’attendre la police, Matthieu a décidé de jouer les enquêteurs. Vendredi soir, ce jeune entrepreneur de Lourdes se retrouve au commissariat avec les deux hommes qu’il vient d’appréhender… Ceux-là mêmes qui l’ont cambriolé.

Vendredi 28 août, à 6 h 30 du matin, un coup de téléphone réveille le patron de l’entreprise MPF (Matthieu Peinture Finition). « J’ai quelqu’un qui nettoie mes véhicules. Il a les clés du local et du bureau. Il m’appelle et me dit qu’il y a du verre partout, dans le bureau », raconte le jeune entrepreneur de 30 ans.

Une effraction captée par la vidéosurveillance

En visionnant la vidéosurveillance, l’artisan constate l’effraction : barreaux du garde-corps disqués et vitres brisées. Les intrus ont aussi forcé le coffre-fort. « Ils sont arrivés avec une disqueuse et tout ce qu’il faut », explique Matthieu.

L'individu s'est saisi d'une disqueuse pour découper les barreaux.
L’individu s’est saisi d’une disqueuse pour découper les barreaux.
Capture écran.

Sur les images, que la Dépêche du Midi a pu consulter, on observe deux individus, cagoulés et gantés, sortir d’un champ de blé. Ils choisissent la fenêtre par laquelle passer. L’un des intrus extrait une disqueuse de son sac et découpe les barreaux tandis que son complice fait le guet. Vêtu d’une surchemise blanche, le premier entre dans le bâtiment. Son complice patiente avant de prendre la poudre d’escampette.

Armé d'une disqueuse, l'individu découpe les barreaux de la fenêtre.
Armé d’une disqueuse, l’individu découpe les barreaux de la fenêtre.
Capture écran.

Le préjudice est considérable pour cette petite entreprise : « On n’est pas loin des 30 000 euros. Pour une toute petite entreprise comme moi, c’est énorme ». Les deux malfrats auraient dérobé de l’argent et du matériel.

Évidemment, Matthieu dépose plainte. Et il est convaincu d’avoir reconnu un des auteurs sur les vidéos. Il décide de mener sa propre enquête. « Je me suis renseigné pour le retrouver par mes propres moyens. Je l’avais signalé à la police, mais je savais que cela ne donnerait rien rapidement. »

Le second cambrioleur surveille à l'extérieur de l'entrepôt.
Le second cambrioleur surveille à l’extérieur de l’entrepôt.
Capture écran.

Las des démarches administratives et de l’attente d’une enquête, il choisit d’agir. Le jeune entrepreneur précise : « J’ai reconnu cette personne. J’étais vraiment sûr de moi, à 100 %. Le comportement, la gestuelle, la façon de faire, ça ne pouvait être que lui ». Un trentenaire qu’il a déjà croisé, sans jamais avoir eu de différend avec lui.

Face-à-face avec les voleurs

Et son flair s’avère bon. Ce vendredi, dans la nuit, Matthieu retrouve les deux suspects. Il leur propose un choix : « Je leur ai laissé la solution de me rendre tout et de payer les dégâts ou d’aller au commissariat ». Mais les deux hommes n’ont pas vraiment le choix. « L’argent en espèces, ils n’ont pas pu me le rendre, ils l’ont dépensé », assure le trentenaire qui s’est montré ferme face aux deux suspects.

À lire aussi :
Face aux cambriolages, quels sont les bons réflexes à adopter ? La police nationale de Lourdes fait de la sensibilisation auprès des seniors

Après avoir récupéré une partie du matériel dérobé, Matthieu accompagne les deux hommes au commissariat de Lourdes.

Une enquête a été ouverte et elle est cette fois aux mains des forces de l’ordre. Les deux individus sont actuellement en garde à vue. Une information confirmée par une source policière. Ils doivent désormais être entendus sur les faits. Les investigations devront déterminer si ce sont bien eux les auteurs de ce cambriolage.

Aujourd’hui, l’artisan décide de s’exprimer pour délivrer un message : « Je voulais alerter en disant que non, ça n’arrive pas qu’aux autres. » Et d’ajouter : « Il y a des gens qui restent quand même corrects et humains », confesse-t-il avec optimisme. Malgré le traumatisme de cette mésaventure, il relativise.

« Il y a pire dans la vie ». Il souligne que le plus important est qu’aucune violence n’ait eu lieu. Une chance dans la malchance pour ce jeune entrepreneur qui poursuit son activité à Lourdes.



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