Le thermalisme connaît un nouveau repli en France, avec une baisse prévue de 15 % au niveau national et 10 % à Bagnères-de-Bigorre où les Grands Thermes misent sur des mini-cures et des offres locales pour relancer la fréquentation.
Après une reprise progressive depuis la crise du Covid, l’activité thermale accuse à nouveau un recul en ce début d’année. Aux Grands Thermes de Bagnères-de-Bigorre, la direction mise sur plusieurs nouveautés pour tenter de redresser la barre.
Prix du carburant, guerre, menace de déremboursement, …. « les gens ont peur »
« On ne va pas se le cacher, la saison thermale sera difficile cette année et ce, au niveau national », avance Marie-Hélène Blanque, directrice de la Semetherm Developpement qui gère en DSP (délégation de service public) les Grands Thermes et le nouvel établissement haut de gamme « Les Sources de la Reine ». Soit une baisse prévisionnelle de 15 % au niveau national tandis que la Semetherm limite la casse avec une régression de 10 %. Maigre consolation pour la plus grande station thermale des Pyrénées.
« Jusqu’au Salon des Thermalies (NDLR. qui a eu lieu du 21 au 24 janvier), on était à + 10 %, puis, du jour au lendemain, on s’est retrouvé dans un tunnel. On a observé une reprise en février, avant un nouveau recul des réservations avec le début du conflit au Moyen-Orient. Entre la géopolitique et le prix du carburant mais aussi le battage médiatique autour de la menace de déremboursement des cures, les gens ont peur, ils sont dans une position attentiste. S’y ajoutent les intempéries dans le Sud Ouest, ce qui concerne quand même un quart de nos patients. Le problème est que pour la plupart des curistes, quand ce n’est plus l’heure, ce n’est plus l’heure. Il faut savoir qu’il faut compter plusieurs mois pour les différentes démarches autour de la cure, du rendez-vous chez le généraliste à l’envoi des documents à l’Assurance Maladie, en passant par la réservation du logement, etc. Et ceux qui ont l’habitude de venir en avril ou mai, on les retrouve rarement plus tard dans l’année », explique Marie-Hélène Blanque. Et de préciser que la baisse ne concerne pas les Sources de la Reine, l’établissement atteignant déjà 60 % de ses objectifs de l’année pour sa deuxième année d’exploitation.
Opérations « Tous aux Thermes » et « Expérience thermale »
Fort heureusement, avec un renouvellement annuel de 30-40 % de la patientèle, l’établissement thermal de Bagnères-de-Bigorre peut aussi compter sur des néo-curistes en quête de remède contre les affections respiratoires, articulaires et psychosomatiques. Et avec les formules que la Semetherm Dt vient de mettre en place pour tester la cure (1 soin, quatre soins ou six jours, au choix), la directrice espère bien qu’ils seront encore plus nombreux cette année et dans les années à venir.
« On fait un gros travail pour rassurer nos patients en expliquant que la prise en charge est la même que les années précédentes. Au mailing à tous nos patients s’ajoute aussi des offres spéciales ou encore une campagne nationale. Et on essaie aussi de faire revenir les locaux qui, avant le Covid, représentaient environ 25 % de notre patientèle. À ce jour, nous avons seulement 1 080 réservations sur un total de près de 8 000 », détaille la directrice.
Convaincre les habitués mais aussi attirer de nouveaux patients, tel est donc le mot d’ordre du côté de Bagnères-de-Bigorre où l’on se souvient aussi que, fut un temps où la cure attirait aussi bien les locaux que les têtes couronnées (dont Henri IV et Jeanne d’Albret). Plus que l’aristocratie, ce sont les locaux que les Grands Thermes invitent à découvrir la cure à travers deux formules pensées pour eux : un soin (au choix entre bain, boue, douche pénétrante et séance collective en piscine) offert lors de la quinzaine de l’opération « Tous aux Thermes », qui se déroulera du 4 au 16 mai prochain, ou « Expérience thermale », soit les quatre soins précités à 49 €. Bien sûr, la mini-cure de 6 jours se poursuit également. Autant de possibilités pour mettre un pied dans l’eau. Avant de transformer l’essai ?
La cure c’est aussi l’après-midi
« Venez prendre les eaux », invite Marie-Hélène Blanque, non sans rappeler que « le thermalisme fait partie du patrimoine de la ville, qui s’appelait d’ailleurs « Vicus Aquensis » (ville des eaux). Depuis l’Antiquité, il y avait une culture de l’eau à Bagnères mais on l’a perdue. La cure a bien évolué depuis et on fait aussi des travaux régulièrement pour moderniser et embellir l’établissement mais aussi pour améliorer la prise en charge », souligne-t-elle.
Après les gros travaux les années précédentes, la nouveauté de cette saison thermale vient de la création de six nouvelles cabines avec douches pénétrantes, l’aménagement d’une tisanerie cosy et chaleureux ainsi que des séances de sophrologie aquatique. Il ne vous reste plus qu’à prendre votre maillot de bain, vos claquettes et votre bonnet de bain pour une immersion dans la cure thermale qui, rappelons-le, peut se faire aussi bien le matin que l’après-midi, soit de 7 h à 17 h.
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