Moins d’un mois après la découverte du corps d’un homme à Payolle, les regards sont braqués sur Bagnères-de-Bigorre où une perquisition menée le jeudi 30 octobre dans le cadre d’une enquête pour meurtre suscite des interrogations.
C’est une enquête qui interroge, dans le centre de Bagnères-de-Bigorre et qui n’est pas passée inaperçue. Jeudi 30 octobre, un groupe d’une vingtaine de gendarmes dont des techniciens en identification criminelle vêtus de blouse blanche ont passé au peigne fin un logement situé rue Charles-de-Gaulle, à Bagnères-de-Bigorre, dans le cadre d’une enquête pour meurtre. Ici, jusqu’au milieu de l’après-midi puis en soirée, les enquêteurs ont relevé les détails d’un appartement situé au rez-de-chaussée, occupé par Julien D. Une habitation située entre la boulangerie Théo et le restaurant La table du cinq, qui porte encore cette semaine les scellés apposés par les enquêteurs. De fins rubans rouges siglés gendarmerie nationale sur les volets blancs désormais clos et sur la porte en bois du logement qui intéresse les gendarmes.
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Les voisins ont été surpris jeudi matin quand ils ont remarqué, au réveil, les forces de l’ordre. » On n’a rien pu savoir mais ils sont restés une bonne partie de la journée « , fait remarquer une proche commerçante. L’habitant de l’appartement, Julien D., venait régulièrement faire ses courses chez les commerçants du quartier. » C’est une personne très polie, assez discrète, plutôt sociable, un riverain lambda, le même voisin que les autres « , glisse-t-elle derrière son comptoir. Depuis un mois, les voisins n’ont pas croisé ce grand brun au visage tatoué et aux piercings originaire du Nord de la France qui intéresse les enquêteurs. » On ne le connaissait pas personnellement mais on le croisait souvent, il vivait seul. C’est un gentil, un poli. Il avait toujours un » Bonjour ça va« , quand il nous voyait « , commence par révéler, prudente, une voisine.
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Des » activités annexes » ?
Elle n’a pu vu Julien D. depuis environ un mois et redoute que ce soit l’homme découvert mort près du lac de Payolle, le dimanche 19 octobre. » On ne se mêlait pas de sa vie privée mais il est vrai que depuis deux ans, on remarquait régulièrement des allées et venues autour de son logement, des visages différents, des hommes qui toquaient à ses volets et qui l’appelaient depuis l’extérieur. Un jour, l’un d’entre eux m’a demandé s’il était chez lui alors que j’étais en train d’arroser mes fleurs, j’ai répondu que je n’étais pas la concierge », reprend la riveraine. » Il y avait du mouvement autour de chez lui, mais cela n’avait pas d’impact sur nous. Il n’y avait pas de nuisances sonores, pas de trouble de voisinage, on a toujours entretenu de bons rapports avec lui d’ailleurs, on n’a jamais entendu la moindre dispute « , précise une autre voisine.
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Les riverains ont commencé à s’interroger sur ses » activités annexes « , il y a deux ans, quand ils ont eu du mal à le reconnaître. » Il est revenu vivre ici et il avait énormément maigri. Son visage était creusé. Je me demandais comment il tenait debout, s’il continuait à s’alimenter « , explique encore une résidente. Les habitants commencent à le soupçonner de consommer des produits stupéfiants et d’en faire le commerce. » Un jour, un homme qui venait lui rendre visite m’a demandé si j’avais de l’aluminium. J’ai trouvé cette demande très surprenante. Je lui ai donné un morceau, il m’a remercié et je n’ai pas posé de questions. Ensuite, je me suis renseignée. J’ai appris que l’aluminium servait à consommer certaines drogues « , relate la voisine. L’entourage a également été surpris d’apprendre que l’homme envisageait de déménager, il y a un peu plus d’un mois. » Son propriétaire nous a indiqué qu’il comptait rentrer chez lui, dans le Nord de la France et depuis, on ne l’a plus revu « , avoue la Bagnéraise. Elle a été entendue par les enquêteurs ces derniers jours dans le cadre de cette investigation pour meurtre, ouverte par le parquet de Pau. Attristée par la situation, elle ajoute : » Je crois qu’il était plus à plaindre qu’à blâmer « .


