À peine dix jours après sa sortie de prison, un quadragénaire a de nouveau fait parler de lui à Tarbes pour des violences, des outrages et des menaces de mort envers deux policiers municipaux. Au fil de l’audience, les débats ont retracé la descente aux enfers de ce père de famille à la vie bien rangée, qui a sombré dans la dépression après une séparation, l’alcool puis la délinquance. Jusqu’à ce nouvel accès de violence.
C’est un homme cabossé par la vie qui a comparu face au tribunal correctionnel de Tarbes. Jugé en audience de comparution immédiate le 16 juillet, ce quadragénaire sans domicile fixe et détenu depuis le 28 mai devait répondre de violences sur un agent de police municipale de Tarbes en récidive, mais aussi d’outrages et de menaces de mort envers deux policiers municipaux. Un nouveau dossier qui est venu s’ajouter à un casier judiciaire déjà chargé de seize condamnations, « dont beaucoup pour des violences et des faits liés à l’alcool », a rappelé la présidente.
Avant même d’aborder les faits, la magistrate s’est attardée sur le parcours du prévenu. S’il a connu une existence bien rangée avec un poste en CDI pendant quatorze ans chez Daher, la séparation avec la mère de ses deux enfants a amorcé le début d’une véritable descente aux enfers. « Vous avez perdu pied », a résumé la présidente.
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Une dépression, l’alcool, la perte de son emploi puis une succession d’infractions l’ont progressivement conduit dans une spirale dont il ne semble plus parvenir à sortir. Dix jours seulement après avoir retrouvé la liberté, il s’est retrouvé une nouvelle fois au commissariat.
Un comportement agressif
« Les faits se sont déroulés place de Verdun, à Tarbes », a relaté la juge. « Ce jour-là, les policiers municipaux ont procédé au contrôle d’un véhicule lorsque vous êtes arrivé, manifestement alcoolisé, pour les invectiver alors que ce contrôle ne vous concernait en rien. » Les agents, longuement malmenés, ont fini par l’interpeller pour ivresse manifeste sur la voie publique. Selon leurs déclarations, le quadragénaire a tenté de prendre la fuite avant d’être maîtrisé et conduit à l’hôpital.
Seulement, le trajet ne s’est pas déroulé dans le calme. « Vous avez tenté de porter un coup de tête à l’un des policiers tout en multipliant les insultes et les menaces de mort. À votre arrivée à l’hôpital, votre comportement est resté tout aussi agressif », a déploré la magistrate. Alors qu’il venait d’être installé sur une chaise, il s’en est de nouveau pris aux deux agents. « J’ai des kalachs, je vais venir chez vous et vous tuer avec votre famille », leur a-t-il lancé.
À la barre, le prévenu a tenté de minimiser. « Je reconnais que j’ai pu avoir de mauvaises paroles, mais je ne suis pas assez bête pour essayer de frapper un policier. » Un argument aussitôt balayé par la présidente, qui a rappelé que son comportement avait été filmé par les caméras de vidéosurveillance de l’hôpital. Acculé, le prévenu a finalement présenté ses excuses.
« Un tunnel dont il ne voit pas le bout »
« C’est désolant de le revoir ici, alors qu’il avait de réelles perspectives d’emploi », a déploré la procureure, qui a requis seize mois d’emprisonnement, dont quatre mois assortis d’un sursis probatoire renforcé pendant cinq ans, un stage de citoyenneté, une interdiction de paraître à Tarbes, en sus de la révocation de deux mois d’un précédent sursis ainsi que son maintien en détention.
« Nous savons bien que c’étaient des paroles en l’air. Il ne possède pas de kalachnikov et n’aurait jamais été chez eux pour tuer qui que ce soit. Il regrette son comportement inadapté. Depuis sa dépression, il est dans un tunnel dont il ne voit pas le bout », a défendu Me Aude Sanvicente, avocate du prévenu.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le quadragénaire à huit mois de prison ferme au total. Il a été reconduit à la maison d’arrêt à l’issue de son procès.


