La longévité de Maria Garcès a rassemblé quatre générations à Lourdes. Née en Aragon et réfugiée en France après la guerre d’Espagne, la centenaire incarne un siècle d’histoire et de mémoire familiale.
Toute la famille avait fait le déplacement ! Entourée de ses quatre enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, soit quatre générations réunies, Maria Garcès, née le 1er avril 1926 (ce n’était pas un poisson d’avril !), a fêté son centième anniversaire à la maison de retraite « La Madone », à Lourdes. Pour l’occasion, l’établissement avait préparé une belle fête en présence de l’ensemble des résidents, des membres du personnel et du maire de Lourdes, Thierry Lavit, venu offrir un bouquet de fleurs à la centenaire.
Avant de partager le gâteau d’anniversaire et d’ouvrir les cadeaux, tout ce beau monde a pu profiter de l’animation musicale de Charlie Trey et Jean-Claude Forcamidan, venus du pays Toy pour mettre l’ambiance avec leur accordéon et leur guitare. Aline, la fille de Maria, a également pris le micro pour raconter brièvement la vie de sa mère.
De l’Espagne à la France
« Maria est née en Espagne dans un petit village d’Aragon nommé Laspuña, entre Bielsa et Ainsa, pas très éloigné de la frontière avec la France au pied de la Peña Montañesa. Ses parents, Manuela et Andrés, ont eu six enfants (quatre garçons et deux filles).
Maria a dix ans quand éclate la guerre d’Espagne en 1936. Elle va être envoyée en France, à Laruns chez une tante. Elle sera scolarisée dans une école française pendant deux années. Ce sera une bonne élève qui apprendra avec plaisir la langue française.
À la fin de la guerre, Maria retournera en Espagne dans son village natal, où, à l’âge de 22 ans, en juillet 1948, elle épousera José Garcès, natif du même village. Au mois de septembre de la même année, le couple décidera de rejoindre la France en passant par la montagne. Ils marchent la nuit et se cachent le jour pour ne pas être ennuyés par la Guardia Civil.
Ils seront accueillis à Bagnères-de-Bigorre par des membres de la famille déjà réfugiés en France. José, le mari de Maria, travaillera dans divers chantiers de montagne, en particulier à Pragnères et au pic du Midi. Le couple aura quatre enfants, une fille et trois garçons.
La famille mènera une vie paisible, laborieuse et heureuse dans la jolie ville de Bagnères-de-Bigorre. Les années passent, les enfants grandissent et se marient… Puis des petits-enfants naissent. En juin 2012, José décède et, en 2013, Maria sera admise à la Madone, à Lourdes… »
Treize ans plus tard, elle vient de fêter ses 100 ans, entourée de toute sa famille. Bon anniversaire Maria !


