La Mission locale des Hautes-Pyrénées joue un rôle crucial pour l’insertion des jeunes. Avec 4 500 jeunes accueillis chaque année, elle pourrait être fragilisée par une baisse de 13 % de don, financement, comme le prévoit le projet de loi finance 2026.
« Nous ne voulons laisser personne au bord du chemin. » À l’occasion de la Journée mondiale de l’égalité des chances, la directrice de la Mission locale des Hautes-Pyrénées, Valérie Pomiès, a souhaité mettre en lumière la réussite des adolescents et jeunes adultes accompagnés. Elle a ainsi convié le préfet des Hautes-Pyrénées, Jean Salomon, à la permanence de la Mission locale de Bagnères-de-Bigorre, où ce dernier a découvert le concept des « Portes des possibles » imaginé par les équipes de la Mission locale.
Derrière chaque porte, un jeune est venu présenter son histoire et son évolution, rendues possibles grâce aux dispositifs dont il a pu bénéficier. Un jeune de Lannemezan, isolé et sans emploi après le confinement, raconte avoir « retrouvé la sérénité après avoir eu des idées noires ». Lila, a pu passer son permis de conduire et a trouvé un emploi. Luna Goureau, jeune bobeuse de haut niveau, a remercié pour l’aide reçue. « Aujourd’hui je vais bien, je vais participer aux JO d’hiver. Sans la mission locale de Vic, je n’en serais pas là. »
D’autres ont décrit un redémarrage professionnel ou la lutte contre les discriminations à l’embauche liées au handicap. « Beaucoup partent avec de gros obstacles dans la vie. Le passage à l’âge adulte n’est pas si simple », souligne Valérie Pomiès.
Une mission fragilisée

Avec 4 500 jeunes accueillis chaque année, une vingtaine de permanences déployées dans le département, dont six antennes fixes, et même deux bureaux mobiles pour atteindre les communes rurales, tout est mis en œuvre pour que chaque jeune puisse avoir accès à une écoute.
Les équipes interviennent de plus en plus auprès de mineurs (+ 30 % en 2025) en lien étroit avec l’Éducation nationale. « On les voit de plus en plus décrocher en terminale, au moment de Parcoursup. Lorsqu’ils doivent un faire un choix mais qu’ils n’arrivent pas à se projeter », ajoute Valérie Pomiès.
Mais cette action pourrait être fragilisée. Alors que le projet de loi de finances 2026 est débattu à l’Assemblée, le gouvernement prévoit une baisse de 13 % des crédits alloués aux Missions locales, ainsi qu’une diminution de 53 millions d’euros des aides destinées aux jeunes. Pour les Hautes-Pyrénées, la baisse de financement dépasserait les 300 000 euros et entraînerait la suppression de neuf postes.
« Nous comprenons l’effort demandé, mais les conséquences seraient lourdes », alerte la directrice. Le préfet, tout en rappelant que la décision appartient aux parlementaires, a réaffirmé son soutien à la structure, « sans qui de nombreux jeunes resteraient seuls face à leurs difficultés. »


