À 18 ans, il s’en prend violemment aux policiers : « Quand j’ai bu, je pars en vrille »

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l’essentiel
Un jeune homme de 18 ans s’en est violemment pris aux policiers qu’il est venu lui-même « chercher » au commissariat. Pour quoi ? Il répond invariablement « chais pas »…

Les faits se sont produits mardi soir. En deux temps. Tout commence au foyer Arc-en-ciel, où Jason est hébergé, aux alentours de 21 h 30, la direction du site appelle la police, pour une altercation entre Jason, justement, et un autre pensionnaire. Les fonctionnaires de police ramènent le calme, et repartent une heure plus tard. L’histoire aurait dû en rester là. Sauf que Jason, même s’il n’a que 18 ans, a un fort penchant pour l’alcool, et il arrive à se procurer du rhum. Et ça dégénère. Aux alentours de 3 heures du matin, il se rend au commissariat et fait un barouf de tous les diables devant la grille, en proférant des insultes envers les policiers. À tel point que ces derniers sortent, tentent de le raisonner, en vain, et finissent par le conduire à l’intérieur. Et là, c’est un déferlement d’insultes, si violentes que la morale nous interdit de répéter, de menaces de mort, puis Jason tente de frapper un policier, essaie même de se saisir de son arme de service puis, en désespoir de cause, finit par lui cracher au visage.

Des souvenirs « hachés »

À la barre, Jason fait le fier-à-bras, un petit sourire narquois accompagne ses réponses laconiques. Quand le tribunal essaie de percer sa personnalité, de savoir comment il envisage son avenir, il répond invariablement d’un « chais pas » qui finit par être agaçant. Pourtant, le tribunal s’est montré patient avec ce jeune homme à l’enfance chaotique, ballotté entre familles et foyers d’accueil, qui a arrêté sa scolarité en 5e et vit depuis comme un SDF. Mais pas moyen, d’ailleurs tous les dispositifs d’accompagnement mis en place auparavant n’ont pas fonctionné. « Il n’y a que moi qui peux m’aider »… Sur les faits, il explique tout simplement qu’il avait bu du rhum « en quantité » et que quand il « abuse sur l’alcool, il part en vrille », et que quelque temps avant son « retour » au commissariat, il a été contrôlé par une patrouille de police. Où ? Il s’en souvient à moitié, « place de la mairie, je crois », lâche qu’il aurait été « secoué », parle d’une « baffe », ce qui aurait déclenché sa fureur. Et l’alcool aussi, non ?

Une dernière chance ?

La victime, le policier qui a reçu le crachat, en a vu d’autres, mais rarement « d’une telle violence », a-t-il rapporté à la barre. Son avocat a insisté sur le fait que le prévenu s’en est pris aux policiers sans véritable raison. « Il arrive que lors d’une interpellation la tension monte, mais là ce n’est pas le cas, puisque c’est le prévenu qui s’est rendu de lui-même au commissariat. Comme pour en découdre. » Et son attitude n’a pas changé pendant les réquisitions du Ministère public. Ainsi, quand Mme le procureur lui a demandé s’il souhaitait s’excuser auprès du policier, présent à l’audience, il a répondu : « Pourquoi ? Il faut que je m’excuse ? » Alors, les réquisitions ont été à la hauteur : « Ces faits sont inadmissibles, c’est lui qui va « au contact » et agonit les policiers d’injures. Il faut que cela cesse, je requiers 1 an de prison dont 6 mois avec sursis probatoire. » Son avocat a plaidé « l’absence de repères, une enfance chaotique, une addiction à l’alcool qui a sans doute altéré son discernement. Mais s’il a déjà été condamné par le tribunal pour enfant, la peine n’était que des travaux d’intérêt général. Et maintenant, c’est direct la prison ? » Eh bien, non, le tribunal s’est montré souple, il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis probatoire pendant 2 ans et une obligation de soins. La dernière chance…



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