À l’initiative de Margalida Sombrin et de ses compagnons agriculteurs, une action originale et apaisée a été menée récemment à Lannemezan, après l’occupation du rond-point de l’autoroute. L’objectif : aller à la rencontre des distributeurs et des consommateurs, dans une démarche de dialogue et de bienveillance, afin d’informer plutôt que de blâmer.
« Nous avons décidé d’aller dans les grandes surfaces de Lannemezan, pour étiqueter les produits selon leur origine : français, provenant de l’Union européenne ou hors UE », expliquent les agriculteurs. Une initiative qui a réservé de bonnes surprises à la vingtaine de participants ayant arpenté les rayons des supermarchés locaux.
« Nous avons constaté une réelle prise de conscience. Certains directeurs essaient, dans la mesure du possible, de privilégier le local. Il reste beaucoup à faire, mais ils nous ont assuré de leur soutien, même s’ils rencontrent encore des difficultés d’approvisionnement sur certains produits, comme le poulet », souligne Margalida Sombrin. L’intervention s’est voulue calme et constructive : « Notre but était avant tout d’informer, dans une logique d’éducation à la consommation. »
Une méthode qui a porté ses fruits auprès des clients. « Les gens sont venus nous demander ce que nous faisions. Ils ont commencé à regarder les étiquettes, et je pense qu’ils le feront davantage à l’avenir. Ces échanges ont été très constructifs. »
Par cette action, les agriculteurs ont également souhaité rappeler que le malaise persiste dans le monde agricole. Sensibiliser les consommateurs, premiers acteurs de la chaîne alimentaire, pourrait bien être l’un des leviers essentiels pour faire évoluer durablement les pratiques.


