Président depuis 2024 de la « Bouquinerie associative », Bertrand Duprat a répondu à quelques questions sur cette association de loi 1 901.
Comment est née la « Bouquinerie associative » ?
L’association a été créée en 2009. Elle est issue de la création d’une librairie d’occasion par notre ami Jean-Pierre Noirot. Il avait monté une bouquinerie de type achat/revente de vieux livres. Puis au bout de quelques années, il a transformé sa structure en une association, dont les statuts sont toujours en cours aujourd’hui.
Quel est le but de votre association ?
L’objectif est de permettre l’accès et l’acquisition des livres à tous. D’amener le plus grand monde à la lecture, à l’écriture, à l’utilisation des mots à travers le livre, le jeu et tout autre moyen culturel. Et aussi de faciliter les rencontres autour du livre.
Pouvez-vous nous en dire plus sur le fonctionnement de la librairie ?
Les livres d’occasion nous sont exclusivement donnés. Ce qui nous permet de pratiquer des prix extrêmement bas. Le prix d’un livre varie entre 1 € et 5 € maximum. On a de très généreux donateurs et je leur dis un grand merci ! On se complète très bien car eux ne savent pas quoi faire de leur livre et n’ont pas envie de les jeter. C’est gagnant-gagnant. Aussi, on n’est pas dans la recherche de profits, on a de quoi couvrir nos dépenses et ça nous suffit. On est à l’équilibre. Ce qui est une grande satisfaction pour nous !
Est-ce que vous fonctionnez uniquement avec des bénévoles ?
Alors, la quasi-totalité de l’action est menée par des bénévoles mais nous avons eu la possibilité de passer un « contrat unique d’insertion ». C’est un type de contrat destiné aux personnes qui ont été un peu écartées du monde du travail, et qui permet de les réintégrer. Dans les faits, ça ne change pas grand-chose pour nous, on ne fait pas de différence entre les bénévoles et la salariée. On essaie de travailler de manière conviviale, en bonne intelligence et en bonne bienveillance. Le but, c’est que les gens soient à l’aise et prennent plaisir à être là.
Concrètement, comment peut-on aider l’association ?
Donner des livres, et puis venir en acheter ! Pas uniquement pour l’association mais surtout pour soi, trouver de nouvelles lectures. Il y a beaucoup de livres qu’on ne trouverait pas forcément dans les librairies classiques. Je pense par exemple aux « San Antonio » de Frédéric Dard, on en a tout un tiroir.
Quel est l’intérêt premier de la lecture pour vous ?
La lecture et l’écriture, c’est le début de la civilisation. Les seuls penseurs grecs que l’on connaisse aujourd’hui, c’est ceux qui ont écrit. Certains ont sûrement eu des pensées très intéressantes mais on ne les connaît pas, par manque d’écrits. La lecture, c’est transmettre la pensée et conserver un lien entre les générations. Et puis c’est un outil qui permet de s’évader, d’imaginer, de comprendre. Pour moi le livre est au cœur de tout.
Un livre à conseiller ?
Un des livres que j’ai trouvés de plus exaltant, c’est « Ada » de Vladimir Nabokov. C’est un livre vraiment épatant, mais il y en a plein d’autres bien sûr !
Hors vente de livres, la bouquinerie est assez active…
Oui, nous développons plusieurs activités en dehors de la vente (atelier d’écriture, atelier marque-page pendant lequel on dessine, atelier philosophie). On organise aussi des braderies avec des livres à 1 €, et on expose des œuvres en vitrine (celle qui donne directement sur la rue). Puis, tous les ans à la mi-août, on organise le Marché aux bouquins sur une journée. On invite des bouquinistes, des auteurs locaux, des musiciens, des conteurs ou encore un graveur.
Le prochain évènement organisé par l’association ?
C’est l’atelier d’écriture, qui aura lieu le 2e mardi d’octobre. On a souvent beaucoup de monde, donc il faut absolument réserver avant.


