Bientôt diffusé sur France 3, le documentaire « Saisonnières » dévoile Lourdes à travers le regard de celles qui y travaillent

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Avant la diffusion à venir sur France 3 Occitanie, Isabelle Mandin revient sur la réalisation de son documentaire « Saisonnières », qui offre une plongée dans la ville de Lourdes comme elle est rarement regardée.

Isabelle Mandin a une attache particulière avec Lourdes, d’où est originaire toute sa famille maternelle. Après des années sans être venue, la réalisatrice bretonne a décidé de poser sa caméra dans la cité mariale. C’est ainsi qu’est né le film documentaire « Saisonnières », produit par Mille et Une Films et France Télévisions, qui met à l’honneur quatre femmes qui font vivre la ville aujourd’hui. Elles sont réceptionniste, vendeuse, photographe, hôtelière et posent un regard contemporain sur la cité des miracles.

Après une projection en avant-première à Lourdes en mars dernier, une nouvelle diffusion a lieu ce mardi 7 octobre au cinéma Le Méliès de Pau (20 h 30), en présence de l’équipe du film. Puis deux jours plus tard, le jeudi 9 octobre à 22 h 50, le documentaire « Saisonnières » sera diffusé sur France 3 Occitanie (disponible un mois en replay). L’occasion pour tous de découvrir Lourdes sous un autre angle. Entretien avec la réalisatrice.

Quel est votre lien avec Lourdes ?

Isabelle Mandin : Toute ma famille maternelle est de Lourdes. Je n’y suis pas née mais mes grands-parents y vivaient et j’avais l’habitude, plus jeune, de passer mes vacances chez eux.

Comment vous est venue l’idée de réaliser un documentaire sur Lourdes ?

Cela fait longtemps que j’en avais envie… Je suis retournée à Lourdes il y a quelques années pour en apprendre plus sur mes origines familiales. Et à force de faire des séjours ici, j’ai voulu faire un film sur des rencontres que j’ai faites.

Dans le documentaire, vous mettez en avant quatre femmes, toutes saisonnières à Lourdes… Pourquoi ces quatre personnes ?

C’est une histoire de rencontres, comme souvent dans les documentaires. Lors de mes recherches familiales, j’ai rencontré un peu par hasard des personnes comme Cécile Durand-Mourain, la 4e génération de photographes de la maison Durand. Pour Fabienne Capdevielle, vendeuse dans une boutique de souvenirs, cela s’est fait pendant la crise du Covid parce que j’avais été intriguée par la création d’un collectif solidaire de saisonniers. Monique Jaïmes, de l’hôtel Bernis, m’a interpellée totalement par hasard alors que je faisais des plans dans la rue du Bourg et on a vite accroché… Enfin, Valérie Challier, réceptionniste au Grand Hôtel Moderne, a répondu à une annonce que j’avais fait passer pour faire rentrer la caméra dans un hôtel afin d’y suivre une saisonnière. Et son employeur ne s’est pas opposé à la démarche…

Ce documentaire dure 52 minutes. Que met-il en avant ?

Ce documentaire est un portrait croisé de ces quatre saisonnières. Plus que leur vie, c’est leur rapport au travail et à leur ville qui est raconté à travers ces témoignages. Elles démontent aussi des jugements que l’on peut avoir sur Lourdes, et c’est ce qui m’intéressait… Ce sont quatre personnes qui aiment leur travail, qui trouvent beaucoup de plaisir et de gratitude dans ce qu’elles font. Il n’est pas question de religion dans le film mais plutôt d’empathie et d’accueil… Elles répondent de manière très juste et belle au regard que certains peuvent avoir sur la ville.

Peut-on dire que vous avez souhaité transmettre un message particulier ?

Pas un message, non. C’est une autre manière de regarder Lourdes, à travers ceux qui y habitent et y travaillent. Il y a beaucoup d’a priori sur cette ville, positifs comme négatifs, et ce documentaire vient les questionner. Quand j’étais petite et que je parlais de Lourdes en Bretagne, on me faisait souvent des blagues et des moqueries au sujet des miracles… Mais derrière cela, il y a des gens, des personnalités, toute une ville ! D’ailleurs, lors de projections, certains spectateurs m’ont dit que le documentaire leur a donné envie de découvrir Lourdes alors qu’ils en avaient une vision assez négative…

Vous avez connu Lourdes étant enfant et désormais en tant que réalisatrice. Comment jugez-vous l’évolution de la ville ?

C’est difficile car un enfant n’a pas le même regard qu’un adulte… Comme tout le monde, j’ai pu constater un changement d’époque. Avant, il y avait énormément de pensions de famille comme celle de Monique et son mari Patrick, qui est aujourd’hui la dernière de la rue du Bourg. C’était une véritable particularité de l’accueil lourdais et cela a un peu disparu aujourd’hui. Mais, c’est normal, et sain, qu’une ville évolue. La question des friches hôtelières est d’ailleurs abordée dans le film : à certains endroits de la ville, pas partout, on a l’impression que le temps s’est arrêté…



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