Depuis mercredi, les engins et les agents du Département s’activent pour nettoyer le rond-point de Tarbes-est à Séméac. Jeudi soir, il était « comme neuf », ce qui n’altère pas la colère de Michel Pélieu, président du Département, contraint d’avoir déployé de « gros moyens », pour une action agricole qu’il juge inacceptable.
Depuis des mois, le rond-point de l’échangeur de l’autoroute à Séméac est « saturé » de déchets déposés par les agriculteurs en colère. Et des mois que la colère de Michel Pélieu, président du Département, ne faiblit pas… « J’ai toujours dit qu’il était hors de question que le Département assume le nettoyage des routes qui ont été maculées par les agriculteurs souhaitant protester contre le Mercosur et la DNC. Je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ont fait ça, le Département n’est pour rien dans cette crise, c’est un conflit entre le monde agricole et l’État, j’ai toujours dit qu’il était inacceptable que nos routes payent le prix de cette crise. » Et puis, soudain, mardi, les syndicats agricoles se sont mobilisés pour assurer le nettoyage. « Je n’ai même pas été prévenu ! Ils s’y sont mis mardi, mais le soir même, le chantier était arrêté. Ils n’ont enlevé que leurs pneus, tout le reste était encore là. Le pire, c’est que le préfet a salué leur action, alors que tout restait à faire. » Alors, Michel Pélieu a lancé l’armada, comme pour libérer le « détroit de Séméac » qui avait pris des airs d’Ormuz… « Ce n’était plus possible, il fallait en finir. »
Des dizaines d’engins
La grosse artillerie a donc été sortie : une dizaine de camions, trois pelles mécaniques, un énorme chargeur et des balayeuses pour rendre la chaussée impeccable. Et bien sûr, une vingtaine d’agents du service des routes du Département. Mais ce n’est pas tout, parce que sortir les déchets, c’est bien, mais pour les mettre où ? « J’ai bataillé avec les ASF et Vinci Autoroutes, ils nous ont mis à disposition une aire de stockage dont ils disposent à Ibos, je les en remercie. » Jeudi matin, la bretelle d’accès à l’autoroute a été entièrement fermée, pour que les engins puissent travailler en toute sécurité. Et surtout avec rapidité, pour que l’endroit soit nettoyé au plus vite, débarrassé de ses immondices. Ce qui était le cas dès jeudi soir. Mais pas de quoi calmer un Michel Pélieu très remonté. « J’ai été pris à partie par la Coordination Rurale, qui m’a demandé si je retirais mes plaintes après ce qu’ils ont appelé leur « nettoyage ». J’ai refusé, ils m’ont alors dit que la prochaine fois, ils viendraient foutre la merde chez moi ! Du coup, je vais déposer une plainte de plus ! »
« On va se retourner contre l’État »
Reste maintenant la question du coût, et là aussi, Michel Pélieu reste inflexible. « Il n’est pas question que l’on paye ! C’est totalement inacceptable. Déjà, quand les agriculteurs sont venus mardi récupérer leurs pneus, ils les ont transportés chez PSI à Lannemezan, les bons de décharge ont été faits au nom du Département. C’est facile ! À la fin, c’est toujours le Département qui paye, maintenant, ça suffit ! Quant au coût global, on ne sait pas encore, parce que maintenant, toutes ces tonnes de déchets, plusieurs centaines, que nous avons entreposés à Ibos, il va falloir les trier, avant de les évacuer, ce n’est pas encore estimable. Mais pour l’heure, le Département a déjà engagé 300 000 €. Et il n’est pas question que nous payions. Nous allons nous retourner contre l’État, qui a provoqué cette situation et l’a laissée pourrir. » Le bras de fer ne fait que commencer…


