Jacques Brune a été réélu président de la Communauté de Communes de la Haute Bigorre (CCHB) lors de la séance d’installation des délégués communautaires, mardi soir.
Avec 22 voix pour Jacques Brune, premier adjoint au maire de Beaudéan et président sortant de la CCHB, et 19 bulletins pour Pierre Brau-Nogué, 1er adjoint au maire de Bagnères-de-Bigorre, pour 5 votes blancs sur un total de 46 délégués communautaires, le premier a été reconduit dans ses fonctions à la tête de la collectivité intercommunale.
Une volonté d’apaisement partagée
De quoi inscrire la CCHB dans la continuité mais aussi dans la transition, des vœux de Jacques Brune qui entame donc son dernier mandat de président au sein de cette interco qu’il a vue, voire faite, naître aux côtés d’autres maires visionnaires, dont Rolland Castells, ancien maire de Bagnères décédé en 2013.
Lors de ce scrutin communautaire, décrit comme le 3e tour des élections municipales (et dans ce cas précis, peut-être aussi le 3e tour des élections départementales de 2024), les deux candidats qui étaient opposés ont pu présenter brièvement leur candidature devant l’assemblée, conformément à la demande faite via un (premier) amendement par la liste d’opposition bagnéraise Bagnères Citoyenne. Si les deux ont prôné une volonté d’apaisement après un mandat sous tensions opposant parfois le bourg-centre aux communes rurales, Jacques Brune a été visiblement plus convaincant. Malgré les critiques émis par son adversaire, qui l’était aussi lors des dernières élections législatives, comme celui-ci a tenu à le rappeler.
« L’interco, l’union, est très importante mais cette union a dysfonctionné pendant six ans », a pointé Pierre Brau-Nogué. Tout en reconnaissant que « dans une désunion, il y a toujours des torts partagés », il a fait valoir sa volonté « d’apaisement » au sein de la collectivité. « Avec ma binôme au Département, Nicole Darrieutort, nous avons fait le choix de nous présenter au conseil départemental où, Jacques, j’ai ravi ta place, pas par gaîté de cœur mais car à un moment donné, il faut montrer ses responsabilités et nous, on est venu porter dans le canton un discours d’équilibre, un discours apaisé. Il faut arrêter d’opposer les territoires ruraux à l’urbain sur des raisons fiscales. La direction générale des finances publiques aurait pu être sollicitée depuis bien longtemps », a estimé le candidat bagnérais venu de Campan, non sans comparer l’action de Jacques Brune à un « travail de sous-marin ».
L’expérience au Département vs l’expérience à la CCHB
Pourquoi lui ravir la présidence après lui avoir succédé au Département ? « Jugez-moi sur ce que nous avons fait au Département, c’est du concret », a-t-il loué. « Je propose d’apporter un souffle nouveau et une rupture totale avec ce qui a été fait ces six dernières années. Je prône une volonté d’ouverture de Bagnères sur les territoires ruraux », a-t-il argumenté, appelant les délégués à « faire un choix de raison ».
Refusant de « rentrer dans des polémiques », Jacques Brune a mis en avant « mon expérience et un témoignage qui est celui de la construction d’une intercommunalité qu’on a voulue à quelques élus il y a 30 ans », tout en rappelant que « c’est vous, les délégués, qui présidez à son destin ». Et s’il a fait acte de candidature, c’est dans une « volonté de rester unis et de partage d’une ambition de territoire ». Évoquant de « vrais enjeux, qui sont économiques mais aussi démographiques », il prône « que l’intérêt du territoire soit préservé ».
Ce deuxième duel entre les deux hommes a donc tourné cette fois-ci à l’avantage de Jacques Brune mais d’ores et déjà, le doyen de la CCHB évoque la transition, ou plutôt de transmission à la plus jeune génération. D’ici-là, « vous pouvez compter sur moi mais c’est toujours vous qui prenez les décisions », a-t-il martelé avant de poursuivre la séance par les amendements de Bagnères Citoyenne (tous rejetés par l’assemblée) et l’élection des vice-présidents (on y reviendra).


