Samedi 24 mai à Hèches, un hommage a été rendu aux « guerrilleros espagnols » qui s’engagèrent et luttèrent dans la résistance dans les maquis de Nistos et d’Esparros notamment, mais aussi dans le maquis Bernard, celui de Campels….
Le samedi 24 mai à Hèches, un hommage a été rendu aux ‘guerrilleros espagnols’ qui s’étaient engagés dans la Résistance, combattant notamment dans les maquis de Nistos et d’Esparros, mais aussi au sein du maquis Bernard et de celui de Campels.

Après avoir combattu le fascisme et Franco en Espagne, les républicains espagnols s’engagèrent dans la résistance contre l’occupant nazi et son idéologie raciste. Dans notre département, en Midi-Pyrénées, les républicains Espagnols furent également les premiers à rentrer dans Paris le 24 août 1944 : la célèbre Nueve sous le commandement du capitaine Drone, rattachée à la 2ème DB du Général Leclerc. La section du lieutenant Amado Granell fut ainsi est la première à atteindre le centre de Paris peu avant 21h30. Aussi, contrairement à ce que retiendra l’histoire officielle, les premiers véhicules blindés à entrer sur la place de l’Hôtel de Ville n’étaient pas les chars Romilly, Champaubert et Montmirail mais les half-tracks (blindés plus légers armés de mitrailleuses) pilotés par les Espagnols de la « Nueve » et dénommés « Guadalajara », « Teruel », « Guernica » ou encore « Ebro ». Ce dernier tirera les premiers coups de feu contre un nid de mitrailleuses allemandes. En août 2024, à l’occasion des 80 ans de la Libération de Paris, une plaque rendant hommage aux républicains espagnols de la colonne Dronne a été inaugurée au niveau du 1, rue Brillat Savarin (13e).
Samedi 24 mai l’hommage aux républicains espagnols engagés dans la résistance dans notre département sonnait plus que jamais comme un devoir à l’heure où partout en Europe comme dans notre pays résonnent les échos d’une idéologie qui nous semblait révolue et vaincue depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

120 personnes étaient présentes
A l’initiative de l’ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance) et de la municipalité de Hèches une stèle a été inaugurée pour commémorer cet engagement pour la liberté et ce symbole de notre mémoire collective.
Près de 120 personnes s’étaient données rendez-vous à 11 h 00 à la sortie du village pour inaugurer cette stèle érigée au côté de celle qui rend hommage aux martyrs de la commune de Hèches.
Bernard Plano, Maire de Lannemezan, ainsi que Maryse Beyrié, vice-présidente du Conseil départemental, étaient présents aux côtés d’une délégation des associations espagnoles « La Bolsa de Bielsa » et « l’Aténéo Republicano » de Binefar, de nombreux membres adhérents de l’ANACR et de son président Daniel Larregola.
Les prises de parole de Patricia Correge (maire d’Hèches) et de Daniel Larregola ( président de l’ANACR 65) furent suivies par celles de la délégation Espagnole.
Puis se furent les chants : « El Himno Guerrillero », le « Chant des Partisans », « La Marseillaise » , repris en coeur et pour finir EL CANTO A LA LIBERTAD du poète Aragonais José Antonio Labordeta.
L’émotion était palpable tout comme la nécessité impérieuse de maintenir une mémoire vivante pour éviter que l’ignominie et la barbarie ne se reproduisent.
Comme le disait Lucie Aubrac : « Le mot RESISTER doit toujours se conjuguer au présent».
La prise de parole de Patricia Correge, maire de Hèches
Prise de parole de Patricia Correge, maire de Hèches : « Bonjour à tous. Merci pour votre présence nombreuse. Merci à M. Sire, suppléant de Mme la députée, à M. Plano, maire de Lannemezan et président de la communauté de communes, à Mme Beyrié, Conseillère départementale, représentant M. le Président. Merci aux élus, à la gendarmerie, aux pompiers et aux représentants des associations patriotiques, notamment aux associations espagnoles « La Bolsa de Bielsa » et « L’Ateneo Republicano ». Pourquoi cette stèle à Hèches ? Si nous avons accepté que ce monument soit installé sur ce lieu symbolique pour notre village, c’est tout d’abord pour répondre à nos amis de l’ANACR qui avaient à cœur de financer cette œuvre et qui cherchaient un lieu pour l’accueillir. Mais si nous avons dit OUI, c’est surtout parce que cela fait sens au côté de la stèle des martyrs de notre commune. Comme beaucoup de villages du Sud-Ouest, Hèches, proche de la frontière espagnole fut marquée par la résistance avec les maquis d’Esparros et de Nistos dans lesquels s’engagèrent de nombreux républicains espagnols prêts à défendre la liberté de notre pays au péril de leurs vies. Certains sont même restés vivre dans notre village. J’ai en ce moment une pensée particulière pour un homme dont le parcours n’avait d’égal que sa modestie. 80 ans après les faits, nous nous devions de montrer notre reconnaissance par cette commémoration. Il est indispensable dans cette période troublée qui nous montre quotidiennement que la bête n’est pas morte, de reprendre le flambeau et de rester vigilants. Que ces deux stèles rappellent à tous notre passé, que ces soldats sans uniformes qui ont su tracer un chemin de lumière et de liberté restent à jamais présents dans toutes les mémoires pour que vive la liberté. Vive la République, vive la France ! »

Prise de parole de Daniel Larregola Président de l’ANACR 65 : « Mesdames et Messieurs, chers amis. C’est avec émotion que nous nous réunissons aujourd’hui pour l’inauguration de cette nouvelle stèle, symbole de notre mémoire collective, de notre reconnaissance et de notre engagement envers les valeurs de liberté, de justice et de solidarité. Je tiens tout d’abord à exprimer ma sincère gratitude à la présence des représentants des associations mémorielles, dont le dévouement constant contribue à préserver la mémoire de nos héros et de nos résistants. Leur engagement est essentiel pour que l’histoire ne s’efface pas, pour que les sacrifices du passé restent vivants dans nos cœurs et dans nos consciences. Je souhaite également remercier chaleureusement les autorités présentes, qui soutiennent et encouragent ces initiatives de mémoire, témoignant ainsi de leur attachement à la transmission de notre histoire commune. Enfin, je tiens à saluer la participation des citoyens, témoins et acteurs de cette mémoire vivante. Votre présence ici, aujourd’hui, montre votre attachement à ces valeurs, votre respect pour ceux qui ont combattu pour notre liberté, et votre volonté de perpétuer leur héritage. Aujourd’hui, nous rendons hommage aux jeunes républicains espagnols, dont le courage et le savoir-faire ont été déterminants pour aider nos maquis à libérer les vallées pyrénéennes, avec les maquis de Nistos-Esparros, le Maquis Bernard, et celui de Campels. Leur contribution demeure un exemple de solidarité et de dévouement au risque de leurs vies. Il est également crucial de rappeler que c’est la « NUEVE » compagnie de la 2ème Division Blindée, aux trois-quarts composés de républicains espagnols, qui a joué un rôle décisif dans la libération de Paris en août 1944, avec l’aide précieuse des maquis FTPF. Leur bravoure et leur engagement ont été essentiels dans cette victoire, et leur sacrifice reste gravé dans l’histoire de notre liberté. Nous n’oublions pas non plus, les habitants de la commune de Heches et de ses environs, honorés par la stèle voisine pour leur soutien indéfectible au maquis du secteur. Il est important de rappeler que, malgré ces combats, le ventre de la bête immonde reste encore fécond. Notre association a toujours été en première ligne pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme. À ce titre, nous avons été parmi les premiers à alerter sur le sort injuste réservé à Georges Ibrahim Abdallah, résistant libanais emprisonné depuis 41 ans dans notre département. Poursuivons avec détermination notre engagement pour la défense des droits humains et le devoir de mémoire. Car ces valeurs fondamentales ne doivent jamais s’effacer : elles sont le socle de notre humanité, et la garantie que l’histoire ne sombrera ni dans l’oubli, ni dans l’indifférence. Que cette stèle soit bien plus qu’un hommage : qu’elle devienne, pour les générations à venir, un repère de conscience et de vigilance. Qu’elle parle à celles et ceux qui la croiseront demain, du courage, de la fraternité, et de l’engagement pour la liberté. Qu’elle éclaire notre avenir à la lumière du passé, en rappelant que la paix, la justice et les droits humains ne sont jamais acquis, mais toujours à défendre, à transmettre, à faire vivre. Je vous remercie sincèrement pour votre présence, votre attention et votre engagement. Ensemble, poursuivons cette noble mission de mémoire et de solidarité. »





