À Bordères-sur-Echez, Stéphane Portron propose, avec sa compagne, une discipline atypique et encore confidentielle : l’escrime artistique. Lui-même maître d’arme, il souhaite développer les combats de cape et d’épée comme à la télé.
Manier le fleuret comme un mousquetaire ou encore le sabre comme un vrai samuraï. C’est ce que visent Stéphane Portron, 33 ans et Inès Kaddour-Boukari, 46 ans. Le couple vient de se lancer un pari un peu fou : apprendre aux Bigourdans à se battre comme dans les films de cape et d’épée. Cette discipline a un nom : l’escrime artistique dite aussi escrime de spectacle. » Contrairement à l’escrime sportive où on forme à la compétition entre les clubs et on touche l’autre pour aller chercher des points, l’escrime artistique est un échange avec son partenaire qui n’est pas considéré comme un adversaire « , commence par expliquer Stéphane Portron. Le Pyrénéen sait de quoi il parle, il a pratiqué l’escrime à Tarbes pendant dix ans, de ses 9 ans à ses 19 ans. » A 19 ans, je suis devenu maître d’arme grâce à un BP JEPS (Le brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport). Je n’en ai pas fait mon métier mais la passion est restée « , précise. Avec Inès, passionnée d’histoire, écrivaine et conteuse, il vient de monter l’association The way of the sword.
La passion a perduré et a évolué. » L’escrime artistique date du XVIIe siècle et s’appuie sur des traités d’arts martiaux écrits par les maîtres d’armes eux-mêmes. Il s’agit de combats de plaisance dans un esprit de reconstitution historique. C’est un duel qui donne l’illusion d’un combat mais qui relève plutôt d’une danse chorégraphiée comme ce qui se pratique au Puy du Fou ou comme ce que l’on peut voir dans Zorro, dans Pirate des Caraïbes ou dans les Trois mousquetaires.
Premier exercice : le mouvement de croix
Qui dit escrime artistique dit tenue d’époque. Si les entraînements se pratiquent en baskets, survêtements, comme une séance d’activité physique classique, les démonstrations prennent une autre allure avec chemise blanche, cape, bottes de mousquetaires, épée de cour en laiton ou rapière (épée à double lame). » Pour les spectacle, je vais pousser la chose encore plus loin car on compte faire un condensé de toutes les cultures de l’escrime comme celle du Japon ou d’Afrique « , détaille le professeur.
Pendant les séances d’entraînement, les participants munis de gants, d’un plastron et d’une épée en plastique semi-rigide, sont invités à reproduire les gestes des chevaliers. Premier exercice : le mouvement de croix, explications à l’appui. » On part de bas en haut en formant un arc de cercle avec son épée, on oriente vers l’épaule gauche puis l’épaule droite. On ouvre la garde et on va chercher loin devant avec son corps ». Les cours débuteront dans les prochaines semaines, en avril, à Bordères-sur-Echez pour des séances en salle mais aussi à l’extérieur. Les intéressés sont attendus à partir de 10 ans. Armes et gilets de protection seront fournis. Mais charge aux inscrits de s’équiper de gants adaptés. » C’est un sport accessible à tous qui ne nécessite pas de condition physique particulière. Il faut simplement avoir un minimum d’auto-discipline « , souligne le maître d’art. Il n’y a plus qu’à.


