Un homme a été condamné pour s’être exhibé dans les rues de Bagnères-de-Bigorre. Ivre, il avait eu une altercation avec un couple avant de se rendre devant leur domicile.
C’était un restaurateur implanté dans la cité thermale. Mais c’est une soirée agitée qui aura fait basculer Théo* vers ses anciens démons. Car l’homme a déjà treize mentions à son casier judiciaire pour vols, vols avec violence, usage de stupéfiants… Des ennuis judiciaires qui s’étaient calmés ces dernières années, il avait une vie bien lancée. Pourtant, en ce soir de juillet 2024, c’est un « petit écart », selon le prévenu, qui l’amène à la barre.
La soirée bat alors son plein dans un bar de la ville. Julien* y croise Mathilde* et Marc* avec des amis, « vous vous connaissiez car vous auriez travaillé ensemble, des relations compliquées », explique le tribunal. Toute la soirée, alors sous l’empire de l’alcool, le prévenu aurait invectivé les victimes. Dans ce climat, Julien et Mathilde rentrent chez eux. Mais ça ne s’arrête pas là.
Il s’exhibe dans la rue
« Une ou deux heures » plus tard, du bruit se fait entendre au balcon. Lorsqu’ils sortent, ils voient alors Théo qui semble agité dans la rue. Les insultes continuent, il lance un doigt d’honneur, expliquent les victimes lors des auditions.
Surtout, l’homme enlève sa ceinture, baisse son pantalon et « exhibe son sexe aux personnes sur le balcon », déroule le tribunal. Dans l’agitation, la fille du couple, âgée de douze ans, sort et assiste à la scène. « Je l’ai entendu crier, le monsieur continuait de gueuler, j’avais de plus en plus peur, je pleurais, c’est là que j’ai vu son sexe, il avait baissé son pantalon aux genoux, il continuait de crier pendant ce temps-là », explique la jeune fille lors de l’enquête.
Les gendarmes sont appelés et se déplacent dans la soirée, l’homme est finalement raccompagné par sa compagne de l’époque.
« Je ne me suis jamais déshabillé »
Un déroulé des faits que nie le prévenu. « Je ne me suis jamais déshabillé, je n’ai jamais montré mon sexe », affirme-t-il à la barre. Pourtant, le couple, leur fille et des amis racontent tous la même soirée : « Ça fait beaucoup de monde qui confirme. Ils n’ont pas de raison de dire des choses fausses devant les gendarmes », souligne la présidente du tribunal.
Un avis partagé par le procureur : « Monsieur évoque une sorte de complot, on comprend mal comment ceux-ci se seraient infligé la longueur de la procédure, un examen de leur enfant par simple esprit de vengeance. »
Des faits qui « ne correspondent pas à la personnalité et au comportement de monsieur », a répondu l’avocate de la défense, « un rescapé de la délinquance, il a perdu son papa de façon dramatique, tout jeune », a-t-elle rappelé.
Le prévenu a été condamné pour exhibition sexuelle à 70 jours de travaux d’intérêt général, privation du droit d’éligibilité pour deux ans. Il devra indemniser le couple et leur fille à hauteur de 700 euros.


