Le club des Tumulus vient de se doter d’un appareil unique sur le piémont pyrénéen, un paragolfeur qui va lui permettre d’aller plus loin dans l’inclusion et la démocratisation de la discipline. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Quelques pressions sur la manette de contrôle et voilà que Patrick Sabatut se verticalise, propulsé par le paragolfeur. Debout, solidement tenu mais pour autant libre de ses mouvements, il ne lui faut que quelques coups d’essai pour se familiariser avec la posture, avant d’expédier les balles au loin.

Depuis quelques jours, le golf des Tumulus s’est doté d’un paragolfeur, un outil unique ou presque dans toute la région Occitanie (un seul autre en Lozère), fruit d’un long combat. « Trois ans de bataille pour lever les fonds et disposer de cette machine qui fera que notre club sera encore plus inclusif, se réjouit Damien Manceau, enseignant aux Tumulus et référent paragolf Occitanie. Démocratiser le golf, c’est le but de ma vie. Là, c’est une étape de plus et on a déjà une trentaine de demandes en attente… »

Un dispositif à 27 000 €
Car le golf des Tumulus n’en est pas à son coup d’essai pour ouvrir ses greens au plus grand nombre. « Nous sommes impliqués autour de l’accessibilité au public en situation de handicap depuis des années. » Mais pas simple de réunir plus de 27 000 € pour se doter d’une telle machine, un dossier suivi et porté par Damien et Lucie. Aussi, le club a compté sur le concours de l’État qui a financé pour plus de la moitié du dispositif, soulevant l’émotion de la sous-préfète, au moment de l’inauguration samedi soir. « Je ne pouvais pas ne pas être présente. On parle beaucoup d’inclusion, mais là, vous l’avez concrétisée, s’est réjouie Aurore Francius Smith. C’est vraiment formidable que tous les sports puissent ainsi être accessibles. »

Si l’État a financé la majorité de l’investissement, le concours des entreprises privées et du Rotary a permis de boucler le budget. « Nous avions organisé deux tournois ici dont les recettes ont contribué à l’acquisition de ce paragolfeur. C’est l’exemple que public et privé peuvent s’associer sur des projets qui font sens comme le handicap » a souligné Serge Gaye.

Tous ont ainsi apprécié la démonstration qui a suivi la découpe du ruban. À commencer par Patrick Sabatut, le président du comité handisport qui avait testé un dispositif similaire il y a quelques années. « C’est impressionnant. Il faut le voir pour le croire. Jamais je n’aurais cru être capable de ça. On va pousser et mettre en avant ce dispositif au sein du comité. On travaillait déjà beaucoup avec Damien. Mais les gens nous demandaient comment faire ? Maintenant, c’est possible ! » Et si Damien Manceau veillait sur les premiers coups de Patrick, l’objectif est clair : « Il faut être en confiance et se verticaliser au maximum pour être à l’aise et avoir un geste naturel. Et au final, qu’il s’agisse du déplacement, de la mise en place, de la récupération des balles, le joueur pourra être totalement autonome. »


