Neuf amis, agriculteurs et menuisier réunis par le plaisir du chant : voilà les Chanteurs de Nistos. Sans costumes, sans prétention, mais avec une oreille musicale rare, ils ont créé la surprise à Aramits en remportant le trophée du 43e concours de chants de la Fête des Bergers.
Fondé en 1996, le groupe des Chanteurs de Nistos a grandi dans la simplicité et la fidélité à ses racines. Leur répertoire puise dans les chants traditionnels pyrénéens, mais s’ouvre aussi aux horizons irlandais, bretons ou basques. Ici, pas de partitions ni de chef imposant : chacun apporte sa voix, son oreille et son envie. Le président, Jean-Pierre Bazerque, insiste : « On chante pour le plaisir. ». Leur interprétation d’Un Païs de Goeller, chant occitan dédié aux bergers, a figé les 1 300 spectateurs du grand chapiteau dans un silence inoubliable.
C’est dans cet esprit que le groupe s’est rendu à Aramits, à la frontière du Béarn et du Pays basque, pour la Fête des Bergers, rendez-vous incontournable où se mêlent concours de chiens, de vaches, de brebis et, depuis quelques années, de chants polyphoniques. Douze groupes étaient en lice le 20 septembre dernier, représentant le Béarn, le Pays basque, les Landes… et la Bigorre. Les Chanteurs de Nistos y voyaient surtout une occasion de partager un bon repas et de profiter de l’ambiance festive. Leur première participation à un concours n’avait rien de prémédité.
Pourtant, quand leur est venu le tour de chanter, tout a basculé.
Le grand chapiteau s’est figé
Sur le programme figurait « Un Païs de Goeller », écrit par Mathieu Barès, enseignant d’occitan à Luchon. Dès les premières notes, le grand chapiteau de 1 300 personnes s’est figé. « Un silence d’outre-tombe », raconte un membre du groupe. Le jury de cinq personnes n’a pas hésité : le trophée en chêne revenait aux Chanteurs de Nistos. Une victoire vécue comme une surprise totale.
Car eux ne sont pas des chanteurs professionnels. Ils n’ont pas de costume, pas de mise en scène. Leur seule force est la sincérité d’une voix commune, forgée dans la convivialité. « Personne n’a fait de solfège, mais on a tous une bonne oreille », glisse l’un d’eux. Leur plaisir : faire chanter le public, toujours impatient d’entonner avec eux « Le Refuge », l’hymne pyrénéen le plus demandé.
Cette victoire, leur première, leur ouvre désormais d’autres horizons. En mars 2026, ils passeront à la radio, une étape inattendue pour ces passionnés. Mais d’ici là, le trophée, qu’ils remettront l’an prochain au prochain lauréat, trône à Bize et ses environs comme symbole d’un moment rare.


