Samedi 15 juin, l’intersyndicale organise à Tarbes une marche « Pour les libertés, contre le racisme et les idées d’extrême droite ». Le rendez-vous est fixé à 10 heures devant la Bourse du travail.
La CFDT, la CGT, la FSU, la FSU-SNUipp, Solidaires, l’Unsa et la Confédération paysanne des Hautes-Pyrénées appellent à manifester samedi 15 juin à 10 h après « le choc des européennes ». Ils proposent une marche « Pour les libertés, contre le racisme et les idées d’extrême droite ». Le rendez-vous est fixé devant la Bourse du travail à Tarbes. La manifestation rejoindra ensuite la place de Verdun pour des prises de parole.
« Nous avons un seul ennemi, c’est l’extrême droite »
Julie Perriguey, secrétaire départementale de la CGT, a été la première à prendre la parole lors de la conférence de presse mardi 11 juin. « Suite aux résultats des élections européennes et surtout à l’annonce du Président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale, l’intersyndicale s’est contactée immédiatement, le soir même. Naturellement, nous nous sommes rassemblés sur une même idée. Il faut faire bloc contre l’extrême droite. À l’heure actuelle, nous avons un adversaire qui est le gouvernement avec toutes les attaques sociales menées contre les travailleuses et les travailleurs. Mais ce qui est certain, c’est que nous avons un seul ennemi, c’est l’extrême droite. Et d’ailleurs, l’ennemi de l’extrême droite, ce sont les syndicats. On lance un appel fort à se mobiliser. Il faut que les travailleuses et les travailleurs fassent bloc contre l’extrême droite. Nous, CGT, avons un passé assez lourd avec l’extrême droite. Il y a 80 ans, on a su se rassembler. On ne sera jamais l’allié de l’extrême droite. Nous nous sommes déjà rapprochés de certains partis politiques afin de leur dire qu’il faut travailler maintenant. Si nous sommes là, c’est aussi parce qu’on n’a plus confiance depuis plus de 20 ans en la politique qui a été menée. Cela concerne aussi des partis de gauche durant cette période. Le Rassemblement national ne grimpe pas pour ses idées mais parce que les gens en ont marre. Ils sont lassés. Il est temps que les gens ouvrent les yeux sur la dangerosité de l’extrême droite. »
« On prend très au sérieux ce danger-là »
Claude Martin, de la FSU, a rappelé que depuis un certain temps, à chaque mobilisation, l’intersyndicale rappelait le danger de la montée de l’extrême droite. « Cela n’a pas été pris en compte par les politiques en général. Hélas, nous sommes obligés d’y revenir aujourd’hui. On voyait ce danger arriver depuis longtemps, là, on y est. L’extrême droite est aux portes du pouvoir. Il y en a à qui ça ne fait pas peur. Certains banalisent la chose. Nous, ça nous fait peur pour les droits, pour les libertés, pour l’avenir. On sait que lorsqu’ils seront au pouvoir, cela ne sera pas facile. On prend très au sérieux ce danger-là. »
Valérie Duprat de la CFDT a expliqué qu’il s’agissait d’un vote de colère et de protestation. « La politique sociale menée par le gouvernement Macron, la façon dont la réforme des retraites a été conduite, l’inflation, l’assurance chômage : cela a créé un contexte qui fait que les gens n’en peuvent plus. Ils ne savent plus à quoi se raccrocher. Ils choisissent la dernière extrémité. Ils espèrent un sursaut afin qu’enfin ils soient entendus. Nous espérons qu’au dernier moment, les gens comprendront qu’il y a d’autres solutions que l’extrême droite pour les avancées sociales qu’ils attendent. Les gens ne vivent plus, ils survivent. Cela, ils n’en veulent plus. »
« Moi, je flippe »
David Castebrunet, de la FSU-SNUipp, celui qui fait chanter les professeurs des écoles lors des manifestations, a expliqué qu’il avait peur. « L’extrême droite sera violente avec les syndicats. Je crois qu’ils n’hésiteront pas à débarquer jusque dans nos bureaux pour commettre des violences. Moi, je flippe. Vous aussi, les journalistes, vous serez visés. »
Christophe Blanchard, de Solidaires, a expliqué que sur les 7 années qui venaient de s’écouler, nous avions eu quatre refontes de l’assurance chômage. « Il y a une personne sur deux qui n’a plus d’allocation chômage. Cela explique aussi la colère et la rage qui poussent des gens à voter pour l’extrême droite. »
« Les gens se trompent de colère »
Manuel Casado, de la Confédération paysanne, a poursuivi sur la même tonalité. « Il y a eu une grande colère qui s’est exprimée en février dernier. Macron et son gouvernement ont répondu en étant complètement à côté de la plaque. Ils n’ont pas répondu aux demandes et aux besoins réels des paysannes et des paysans sur les revenus, la concurrence du libre-échange. Les mesures qui ont été proposées répondent aux intérêts d’une minorité : les plus gros exploitants et le syndicat majoritaire. Quand la colère s’exprime et qu’on n’y répond pas, comme pour le monde ouvrier, cela se traduit dans les urnes comme on l’a vu dimanche. Les résultats dans la ruralité de notre département sont affligeants en faveur de l’extrême droite. Les gens se trompent de colère. Il est important d’être dans la rue samedi afin de porter cette notion de convergence entre le monde agricole, les salariés et les ouvriers. »


