Rencontre avec le dominicain Charles Desjobert, qui sera mercredi et jeudi à la Librairie du Sanctuaire pour dédicacer son livre sur Pier Giorgio Frassati, récemment canonisé.
Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à Pier Giorgio Frassati ?
Ce saint, je l’ai découvert quand j’étais étudiant. Depuis, il est devenu un compagnon de route, une sorte d’ami – notamment au fil de la relecture de ses lettres et de sa correspondance. Rien n’y est monotone, tout y est abordé : son amour pour la montagne ; son rejet du fascisme ; la guerre, et bien évidemment la foi.
En dehors du fait qu’il était membre du tiers-ordre dominicain, qu’est-ce qui vous a séduit chez lui ?
L’authenticité de son engagement. Il s’agit d’un personnage limpide et sans masque, qui bouge et qui agit : rien à voir avec un saint de papier ! S’il a réussi à rester authentiquement lui-même, c’est parce qu’il a su se tourner vers les autres – ce qui pourrait sembler paradoxal.
Savez-vous s’il a eu l’occasion de venir à Lourdes ?
Non. Et s’il l’avait fait, je crois qu’il en aurait parlé !
D’un côté, on a une bergère pauvre, ayant eu dix-huit apparitions avant de finir sa vie recluse à Nevers ; de l’autre, on a un fils de très bonne famille, aimant la vie en plein air, et qui n’a jamais eu d’apparitions… Ne peut-on pas considérer Pier Giorgio comme une sorte d’anti-modèle de Bernadette ?
[Sourire.] Cela ne signifie-t-il pas que les Alpes et les Pyrénées se rejoignent à distance ? (Le Turinois Pier Giorgio était un alpiniste chevronné, NDLR.) Ce qui est sûr, c’est que Frassati avait une dévotion particulière pour le Rosaire, dont c’est le pèlerinage à Lourdes aujourd’hui : une prière qu’il récitait avec un chapelet en « larmes-de-Job » (grains de céréales, NDLR), qu’il portait serré un peu comme l’aurait fait un « premier de cordée » de la foi.
Revenons-en à Lourdes, et plus précisément à son Sanctuaire. Vous êtes connu pour votre activité d’architecte du patrimoine. Quel regard portez-vous, à ce titre, sur la basilique du Rosaire, justement ?
[…] Je ne trouve pas cela terrible : on est sur un style néogothique du dix-neuvième siècle finissant, très lourd… Je n’en dirais pas autant de la « baleine » souterraine, la basilique Saint-Pie X, que je trouve magnifique !


