Face à la présence croissante de sangliers et de cervidés aux abords des zones habitées, industrielles et routières, la préfecture des Hautes-Pyrénées autorise un mois d’opérations de régulation intensives autour de Lannemezan. Objectif : prévenir les accidents, limiter les dégâts et sécuriser des secteurs jugés à risque.
Le préfet des Hautes-Pyrénées a signé, le 28 avril 2026 à Tarbes, un arrêté autorisant des opérations de régulation du sanglier, du chevreuil, du cerf et du daim sur plusieurs communes du plateau de Lannemezan. Ces interventions, encadrées par le code de l’environnement, se dérouleront du 1er au 31 mai 2026 dans des secteurs identifiés comme sensibles. L’arrêté préfectoral s’appuie sur plusieurs dispositions du code de l’environnement ainsi que sur différents textes réglementaires nationaux et départementaux. Il s’inscrit notamment dans le cadre du plan national de maîtrise du sanglier et de la cartographie des « points noirs » établie dans le département. Le texte rappelle que l’autorité administrative peut autoriser la régulation d’espèces animales lorsque leur présence est susceptible de causer des dommages aux activités humaines, aux biens ou à l’équilibre des milieux naturels, voire de menacer la sécurité publique.
Des secteurs ciblés autour de Lannemezan
Les opérations concerneront des zones situées sur les communes de Lannemezan, Capvern, La Barthe-de-Neste et Avezac-Prat-Lahitte. Plusieurs sites précis sont mentionnés, notamment : le secteur du CM10 ; le quartier du Guérissa ; les abords de l’autoroute A64 ; la zone industrielle de Peyrehitte ; les sites industriels d’ARKEMA et de Knauf Insulation, Rio Tinto ; les terrains agricoles du château Barbé ; le site du syndicat mixte de traitement des déchets (SMTD 65). Par ailleurs, la régulation du cerf est autorisée sur l’ensemble du territoire communal de Lannemezan.
Une présence animale jugée problématique
L’arrêté met en avant la présence régulière ou occasionnelle de grands mammifères dans des zones urbanisées, industrielles et agricoles. Les sangliers, en particulier, sont signalés sur plusieurs sites sensibles, dont celui du SMTD 65, où ils pourraient endommager des infrastructures telles que réseaux d’eau, de gaz ou bassins de décantation. La proximité de ces animaux avec des axes routiers, notamment l’A64, est également identifiée comme un facteur de risque pour la sécurité des usagers.
Des opérations confiées aux lieutenants de louveterie
La mise en œuvre des opérations est confiée à un lieutenant de louveterie, avec possibilité de mobilisation d’autres représentants du corps départemental en cas de besoin. Ces agents, investis de missions d’intérêt général, disposent notamment du droit d’organiser des battues, y compris sur des propriétés privées. Ils pourront être assistés par des chasseurs locaux, à l’exception des interventions sur le domaine autoroutier.
Des moyens étendus, de jour comme de nuit
Les modalités d’intervention prévues par l’arrêté sont larges. Les opérations pourront prendre différentes formes : tirs à l’approche, à l’affût ou en battue, avec ou sans chiens, de jour comme de nuit.
Divers équipements sont autorisés, dont : dispositifs de vision nocturne ou thermique ; moyens de communication (téléphones, talkies-walkies) ; véhicules et miradors ; systèmes GPS pour le suivi des chiens. Le port de vêtements fluorescents est obligatoire pour l’ensemble des participants, et un encadrement strict est prévu en matière de sécurité et d’organisation.
Une gestion encadrée des animaux prélevés
Les animaux abattus pourront être remis aux personnes ayant subi des dégâts, aux sociétés de chasse concernées ou à d’autres bénéficiaires désignés. À défaut, ils seront déposés sur une aire de stockage mise à disposition par la commune de Lannemezan, avant enlèvement par un service d’équarrissage.
Des obligations de coordination et de suivi
Chaque opération devra faire l’objet d’une information préalable auprès des autorités locales concernées : mairies, gendarmerie, responsables de sites industriels ou d’infrastructures. Un compte rendu devra également être transmis dans un délai de 24 heures à la direction départementale des territoires. Comme tout acte administratif, cet arrêté peut être contesté devant le tribunal administratif compétent dans un délai de deux mois suivant sa publication. Une saisine en ligne est possible via la plateforme « Télérecours citoyen ». Cet arrêté sera affiché dans les communes concernées et publié au recueil des actes administratifs. Il entre en vigueur pour toute la durée du mois de mai 2026.









