Les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées et la FDSEA 65 partent unis pour les élections à la chambre d’agriculture.
Les Jeunes Agriculteurs (JA) des Hautes-Pyrénées et la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FDSEA) ont annoncé une liste commune pour les prochaines élections de la Chambre d’agriculture. Cette collaboration s’appuie sur une tradition historique et sur des mois de préparation pour représenter au mieux les agriculteurs du département.
Une tradition syndicale forte
Christian Fourcade, président de la FDSEA 65, souligne l’importance de cette alliance : « Cela fait très longtemps que nous avons une liste commune JA et FDSEA sur le département, c’est historique. Je serai la tête de liste avec pour objectif la présidence de la Chambre d’agriculture. »
Cette liste se veut représentative des générations d’agriculteurs : un tiers des candidats sont des femmes, conformément aux règles électorales, et une forte présence de jeunes y figure pour assurer une transition générationnelle. « Notre volonté est de passer le flambeau aux jeunes, leur apprendre le fonctionnement de la Chambre et les préparer à relever les défis de demain », précise Christian Fourcade.

Un projet élaboré collectivement
Clément Simian-Buissonnet, président des JA 65, évoque le travail mené depuis l’été par les deux structures : « Nos conseils d’administration ont travaillé ensemble pour élaborer un projet qui représentera les agriculteurs du département. »
Guillaume, membre des JA 65, explique que ce projet s’est construit en collaboration avec des experts locaux et des agriculteurs expérimentés : « L’agriculture doit relever des défis majeurs dans les six prochaines années. Nous avons identifié les enjeux et préparé un programme qui anticipe les évolutions à venir, en intégrant les perspectives nationales et européennes. »
Un programme axé sur les besoins locaux
La diversité géographique des Hautes-Pyrénées – montagne, coteaux et plaine – est au cœur de la stratégie de la liste commune. Chaque territoire et chaque type de production y trouvera une représentation. Parmi les priorités :
– Gestion de l’eau et adaptation au changement climatique : des solutions pour l’irrigation et l’impact des sécheresses.
– Valorisation des outils locaux : maintien et modernisation des infrastructures comme l’abattoir de Tarbes et le marché de Rabatens-de-Bigorre.
– Accompagnement des transitions : diversification, simplification administrative et soutien aux jeunes exploitants.
Un document détaillant ces priorités sera distribué aux agriculteurs en janvier, accompagné d’une série de réunions dans tout le département pour échanger directement avec les exploitants.

Une dimension nationale et européenne
Le 16 décembre, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Jordy Bouancheau, représentant national des JA, viendront échanger avec les agriculteurs locaux. L’objectif est d’intégrer les problématiques nationales et européennes dans le projet, notamment les évolutions de la PAC et les politiques agricoles à venir.
Avec une liste comprenant 42 candidats répartis sur plusieurs collèges, la JA et la FDSEA montrent leur engagement à représenter toutes les filières agricoles des Hautes-Pyrénées.
« Nous sommes un petit département, mais notre force réside dans l’énergie collective pour faire avancer l’agriculture et créer de nouvelles opportunités », explique Christian Fourcade.
Encourager la participation et défendre l’agriculture
Pour cette élection, deux options de vote sont disponibles :
Par voie postale : Chaque agriculteur reçoit une enveloppe contenant le matériel électoral, qu’il doit renvoyer par courrier.
Par internet : Une option moderne et pratique, qui facilite le vote à distance.
Christian Fourcade insiste sur l’importance d’une participation massive : « Plus le taux de participation est élevé, plus la représentativité de la profession et de ses responsables est forte vis-à-vis de l’État. »
Le secteur agricole reste l’un des rares à maintenir un fort taux de participation aux élections consulaires. Cette mobilisation est essentielle pour que la voix des agriculteurs continue de peser dans les discussions nationales et européennes.
Les contraintes environnementales et le contrôle permanent
Si certaines réglementations environnementales sont jugées nécessaires, d’autres apparaissent excessives voire absurdes aux yeux des agriculteurs. Christian Fourcade dénonce notamment l’utilisation d’un satellite pour surveiller les exploitations agricoles : « Nous sommes la seule profession à être surveillée tous les deux jours par satellite, avec une intelligence artificielle qui génère des rapports et des photos. C’est un contrôle permanent qui devient pesant. »
À cette surveillance institutionnelle s’ajoute une pression croissante de la part de certains citoyens, exacerbée depuis la pandémie : « Depuis le Covid, il y a une volonté de contrôle social, avec des voisins ou passants qui prennent des photos et dénoncent des pratiques, parfois à tort. Ces comportements, bien que minoritaires, compliquent notre quotidien. »
Reconnecter l’agriculture à la société
Face à ces défis, les agriculteurs s’efforcent de rétablir un lien positif avec le grand public. Guillaume, membre des JA 65, souligne l’importance de communiquer sur la réalité du métier : « Nos structures ont multiplié les initiatives pour ouvrir les fermes et expliquer notre travail. Il s’agit de maîtriser la communication et de sortir des interprétations erronées. »
Des événements comme le Salon de Tarbes jouent un rôle clé dans cette démarche : « Pendant quatre jours, nous avons l’occasion d’échanger avec la société dans un cadre festif et convivial. Ces moments sont essentiels pour rétablir une image juste et positive de notre métier. »
Une vision d’avenir
Les enjeux pour l’agriculture vont bien au-delà des élections. L’élaboration d’un projet collectif, l’adaptation aux changements climatiques, la gestion des ressources comme l’eau, et la valorisation des productions locales sont autant de priorités. Mais ces efforts nécessitent aussi une reconnaissance et un soutien renforcés de la société et des pouvoirs publics.
En janvier, une série de réunions locales et un document explicatif détailleront les projets portés par la liste JA-FDSEA pour les six prochaines années. L’objectif est clair : mobiliser les agriculteurs et défendre une vision moderne et ambitieuse de l’agriculture dans les Hautes-Pyrénées.
Avec cette double stratégie de participation électorale et de communication renforcée, les agriculteurs entendent relever les défis d’aujourd’hui tout en préparant l’avenir.
Les élections de la Chambre d’agriculture s’annoncent comme un moment clé pour définir l’avenir de l’agriculture dans les Hautes-Pyrénées. Grâce à cette alliance historique et à une préparation minutieuse, les JA et la FDSEA entendent relever les défis du futur et défendre les intérêts des agriculteurs du territoire.


