Les Républicains des Hautes-Pyrénées ont vécu une drôle de semaine. Pour autant, localement, le parti n’a pas explosé. Deux candidats seront bien présents pour ces élections législatives.
Romain Giral, le patron des Républicains dans le département des Hautes-Pyrénées, a présenté les deux candidats qui seront en lice pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet, ce vendredi 14 juin. Dans la première circonscription, c’est Philippe Evon qui sera candidat. Il est élu d’opposition à Séméac. Dans la deuxième circonscription, c’est Jacques Béhague qui sera candidat. Il est élu d’opposition dans la commune d’Argelès-Gazost.
« Vous étiez en attente de connaître notre position après cette semaine un peu folle que nous avons vécue. Nous considérons collectivement que nous vivons une période politique d’une extrême gravité. Le premier épisode a été connu dès dimanche avec le résultat de l’élection européenne, qui a été l’élection du désaveu avec l’expression d’une profonde sanction à l’égard du pouvoir en place. Ce désaveu, cette sanction ont eu des répercussions qui n’étaient absolument pas prévues par les observateurs et les formations politiques, puisque le président de la République a décidé le soir même d’une dissolution annoncée à 21 h avec l’annonce d’un premier tour des législatives anticipées le 30 juin, trois semaines seulement après l’élection européenne », a expliqué Romain Giral.

Le président départemental des Républicains a alors commenté cette décision. « En tant qu’héritiers du gaullisme et de ses formations, la décision de rendre la parole au peuple pour dénouer une situation de crise peut ne pas nous déplaire. Peut-être s’imposait-elle. Mais le calendrier extrêmement raccourci imposé par le président de la République ne permet pas, de notre point de vue, l’organisation sereine d’une confrontation d’idées, d’un débat et d’une campagne qui sont pourtant nécessaires pour résoudre la profonde crise démocratique que nous traversons. Nous vivons, osons le mot, une situation de profond KO politique. Le premier responsable de cette situation de KO, il faut le nommer, c’est le président de la République. Depuis le début de son deuxième mandat, nous ne cessons, depuis les rangs de l’opposition, de dénoncer son aveuglement sur un certain nombre de sujets qui n’ont pas été traités. Nous dénonçons aussi sa solitude, sa propension à prendre des décisions tout seul. Aujourd’hui, le dépassement qu’il appelait de ses vœux, la disparition du clivage gauche – droite, a eu une conséquence : d’abord le désaveu de son propre camp et maintenant la montée en puissance des extrêmes », a expliqué Romain Giral.
La crise au niveau des LR
Le patron des LR des Hautes-Pyrénées a ensuite évoqué la crise qui secoue son parti. « À ce KO national, s’est rajoutée cette semaine une situation de crise propre à notre formation politique. Notre président, ou celui qui était notre président, a annoncé en début de semaine son intention de former une alliance avec le Rassemblement National. Je le dis en toute tranquillité et en toute lucidité, ce choix est approuvé par une partie de nos électeurs, peut-être par une partie de nos militants. Il faut que nous en soyons conscients. En ce qui nous concerne, nous le sommes. Mais je le dis, la question était trop grave pour que le choix qui a été celui d’Eric Ciotti soit fait en catimini, en solitaire, et sans aucune consultation des fédérations et de la base des Républicains. Il s’agit pour nous d’une erreur, d’une faute. Que cette option soit mise en débat, que cette option soit proposée aux présidents de fédération, aux secrétaires départementaux, et mieux encore aux militants, cela aurait pu se concevoir. La manière dont tout ceci s’est passé constitue non pas une faute morale mais une faute politique parce qu’il fallait nous consulter. Nous avons beaucoup souffert de voir notre formation étaler au grand jour des divisions aussi importantes. »
Pas d’accord avec le RN dans les Hautes-Pyrénées
Romain Giral ne veut pas entendre parler d’accord avec le RN. « Je le dis dans les Hautes-Pyrénées, il n’y aura pas d’accord entre Les Républicains et le Rassemblement National. Nous considérons que nous sommes les héritiers d’une famille de pensée qui a fourni à la France tant de présidents de la République. Notre parti n’a pas vocation à être le supplétif d’une autre formation. Il n’a jamais été dans l’ADN de l’UMP d’être une force d’appoint. Nous devons tracer un chemin d’indépendance. Nous ne sommes ni dans la majorité présidentielle, ni dans le Rassemblement National. Cette position me sera peut-être reprochée par certains sympathisants et adhérents de notre fédération. C’est devant eux que j’en répondrai personnellement. Ma position n’a jamais varié. J’invite les électeurs, dans cette période de totale inconstance où tout peut changer d’une heure à l’autre, à faire confiance et à suivre des candidats et des personnes qui ne varient pas, qui maintiennent leurs positions, qui même lorsque cela est difficile s’engagent et continuent dans le sillon qu’ils ont tracé. C’est la position que nous défendons. Naturellement, nous considérons que c’est celle qui s’impose à nous. Nous n’avons ici ni à accueillir, ni à accepter différents appels du pied qui ont pu être tentés de part et d’autre. Nous nous en tenons à une position d’indépendance. Nous sommes la droite. Nous sommes la droite républicaine indépendante. Nous avons des propositions à faire pour redresser notre pays. »

Les deux candidats des LR des Hautes-Pyrénées dévoilés
Romain Giral a alors présenté les candidats des Hautes-Pyrénées. « Le programme économique du Rassemblement National est aux antipodes de ce que nous préconisons. Il y a des mesures démagogiques dans lesquelles nous ne pouvons pas nous retrouver. Le camp présidentiel tente le sauve-qui-peut. Il doit défendre un bilan. N’oublions pas le danger que fait encore peser le nouveau Front Populaire avec l’emprise idéologique de la France Insoumise. LFI continue à imprégner le programme de la gauche. Les outrances de M. Mélenchon n’ont pas disparu. Cela fait peser sur l’avenir de notre pays un grave danger qu’il nous faut combattre. Dans ce contexte, nous avions une obligation : celle de ne pas laisser le champ libre à des formations qui ont échoué ou qui veulent profiter du KO. Nous avions l’obligation de continuer à tracer ce chemin d’indépendance. Peut-être sera-t-il encore minoritaire. Mais c’est l’honneur d’une formation politique que de présenter des candidats dans un contexte d’aussi grande gravité pour la France. Le bureau politique de la fédération des Hautes-Pyrénées annonce que nous présenterons deux candidats aux élections législatives des 30 juin et 7 juillet. Dans la première circonscription, nous présentons Philippe Evon. Dans la deuxième circonscription, nous présentons Jacques Béhague. Je veux saluer leur courage de s’engager au pire moment. Ce sera un combat difficile. Tous mes encouragements les accompagnent. »
Philippe Evon a dit quelques mots. « Merci de votre confiance. Cela m’honore. Ça récompense une trentaine d’années de militantisme à droite. L’alliance qui a été imaginée ou dictée de façon autoritaire par Eric Ciotti avec le RN n’est pas une alliance mais une absorption. Notre rôle est de continuer à défendre nos idées. Je suis élu à Séméac depuis plusieurs années. J’ai mené la liste de la droite républicaine aux dernières élections municipales. J’ai aussi été candidat aux dernières élections départementales. Cette campagne va être difficile. Ça ne va durer que 15 jours. On se mobilise. On présentera les suppléants la semaine prochaine. Je vais tout faire pour convaincre sur le terrain. »
Jacques Béhague part lui aussi avec beaucoup d’humilité. « Je me suis engagé depuis longtemps dans des combats politiques. Je me suis présenté aux sénatoriales. J’ai été conseiller général. Je suis actuellement conseiller municipal à Argelès-Gazost dans l’opposition. Je suis déterminé pour mener cette campagne. Notre parti ne change pas d’idées toutes les cinq minutes. Nous avons des idées à défendre. Il n’y aura pas de consignes de vote. Nous sommes dans le respect de chacun. On y va pour gagner et pas pour faire de la figuration. Notre parti est toujours debout. »



