La candidate du Rassemblement National sur la première circonscription des Hautes-Pyrénées, Marie-Christine Sorin, est au coeur d’une controverse.
Marie-Christine Sorin, une retraitée de l’éducation nationale, a été investie par le Rassemblement National (RN) pour se présenter dans la 1re circonscription des Hautes-Pyrénées. Cependant, son passé numérique suscite des polémiques, mettant en lumière des propos controversés tenus sur les réseaux sociaux.
Des posts polémiques exhumés par Libération
Nos confrères de Libération ont, en effet, exhumé une série de posts que Marie-Christine Sorin avait publiés ces derniers mois sur Twitter, révélant des opinions qui suscitent des réactions vives. En juin 2023, elle a utilisé le terme « terrorisme climatique » pour critiquer la couverture médiatique du réchauffement climatique par France Télévisions. Ce terme, chargé de connotations, reflète un scepticisme prononcé à l’égard de la crise environnementale et des efforts pour la combattre.
Le 11 janvier, Marie-Christine Sorin a franchi une ligne rouge pour beaucoup en déclarant sur Twitter que « toutes les civilisations ne se valent pas », affirmant que certaines « sont juste restées au-dessous de la bestialité dans la chaîne de l’évolution ». Ce tweet, désormais supprimé, a été préservé par Libération, et peut, en effet, choquer pour son caractère ouvertement discriminatoire et raciste.
Attaques contre le pape et sa « propagandiste mondialiste »
Marie-Christine Sorin ne s’est pas limitée à ce commentaire. Elle a aussi ciblé le pape François, critiquant une photo où il apparaît serrant la main à des hommes noirs, l’accusant de mener une « propagandiste mondialiste ». Ces déclarations semblent refléter une opposition à l’universalité prônées par le pape, en plus d’une attitude hostile envers les personnes de couleur.

Des attaques personnelles contre Prisca Thevenot
La candidate du RN a également attaqué Prisca Thevenot, porte-parole du gouvernement, d’origine mauricienne mais née à Strasbourg, en répondant à ses critiques sur le slogan lepéniste « On est chez nous » utilisé par des agriculteurs. Marie-Christine Sorin a insinué que Thevenot ne faisait pas partie de la communauté nationale en écrivant : « Si on lui dit de retourner sur son île on va être taxé de racisme, on ne peut même pas lui répondre ! ». Ce commentaire, adressé à une Française d’origine étrangère, a été perçu comme une manifestation explicite de racisme.
Les propos de Marie-Christine Sorin soulèvent des questions sur la compatibilité de ses vues avec les valeurs républicaines et démocratiques de la France. Le Rassemblement National, qui cherche souvent à se distancer de ses racines les plus extrêmes pour paraître plus respectable sur la scène politique, se trouve une fois de plus confronté à un dilemme quant à la gestion des déclarations problématiques de ses membres.
« S’il y a bien une personne qui n’est pas suspecte de racisme c’est bien madame Sorin »
Nous avons contacté, Olivier Monteil, Conseiller régional d’Occitanie, Vice-président du groupe RN et délégué départemental RN des Hautes-Pyrénées, afin d’avoir sa réaction. Il explique qu’il ne lit pas et n’a pas lu Libération.
«Concernant l’article de Libération, je n’accorde aucun crédit à ce journal d’extrême-gauche qui a fait de la lutte contre le RN son cheval de bataille depuis des années, publiant toutes sortes de mensonges et de manipulations possibles contre le RN… mais soutient sans faillir des LFI pro-Hamas islamistes, terroriste et antisémite. Concernant madame Sorin, elle l’a dit à votre journaliste lors de notre point presse, elle est elle-même d’origines multiples, a vécu comme enseignante aux Antilles et a été mariée à un Guadeloupéen d’origine indienne. Par conséquent s’il y a bien une personne qui n’est pas suspecte de racisme c’est bien madame Sorin. »
Alors que les élections approchent, il reste à voir comment ces controverses influenceront les électeurs de la 1re circonscription des Hautes-Pyrénées. Elle a en tout état de cause toujours le soutien d’Olivier Monteil, le délégué départemental RN des Hautes-Pyrénées.


