Pyrénées – Michel Pélieu et la dissolution : le président du Département très cash

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Lors de la dernière réunion plénière du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées, avant l’été, le président Michel Pélieu a évoqué la situation politique au niveau national et local en pleine campagne pour les élections législatives. 

Michel Pélieu le président du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées, est intervenu sur la politique nationale lors de l’ouverture de la réunion du conseil départemental ce vendredi 21 juin. Il a d’abord parlé de la dissolution de l’assemblée nationale. 

« Je ne me doutais pas que j’aurais à ouvrir la 3e session plénière de notre Assemblée dans un contexte de séisme électoral et politique. Et pourtant. Nous voilà embarqués dans une campagne des législatives soudaine comme on traverse des turbulences en redoutant le crash. L’élection législative n’est pas l’élection européenne, et les résultats n’en sont pas entièrement prévisibles, mais étant donnée la dynamique électorale, on peut raisonnablement redouter une arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Presque un siècle après Vichy, et pour la première fois par les urnes, le parti héritier de Pétain est en passe d’accéder au pouvoir. On est dans un moment de gravité d’une rare intensité. Alors, on peut chercher les coupables et se renvoyer dos à dos les responsabilités :

La pratique du pouvoir de Macron

Les outrances de Mélenchon et de ses sbires

On peut continuer à commenter le passé et à se lamenter mais l’urgence est désormais à l’action. Une fois passée la sidération qui suit la victoire du RN aux élections européennes et l’annonce de la dissolution, la question est surtout de savoir ce qu’on en fait ».

« Changer le nom de la Nupes pour le remplacer par le Front Populaire ne modifie pas les désaccords »

Le président du Département a ensuite commenté les décisions prises par les partis politiques. 

« Le devoir de la classe politique, c’est de savoir transformer une décision hasardeuse en un mouvement positif de rassemblement des forces républicaines et démocrates, sur un projet fédérateur, autour de nouvelles pratiques. Au lieu de cela, on assiste à des stratégies d’appareil, des accords de coin de table sur des programmes farfelus, démagogiques et irréalistes. Je le dis sans détour, avec la liberté et la sincérité qui m’ont toujours guidé, je regrette que la gauche démocratique soit retournée à la niche de la Nupes sous hégémonie de LFI. Changer le nom de la Nupes pour le remplacer par le Front Populaire ne modifie pas les désaccords – et ils sont nombreux et profonds – tant sur le plan des idées que sur le plan de la pratique politique, avec LFI et le NPA. Cet accord, il a le goût amer de la trahison des valeurs de la gauche démocratique. Comment se revendiquer encore d’humanisme et de laïcité quand on pactise avec ceux qui ont défendu le Hamas dès le 7 octobre, avec les pourvoyeurs du communautarisme et de l’antisémitisme, avec les adeptes de la conflictualisation de la vie démocratique, de la brutalité, de l’insulte. Malheureusement les égos et les calculs sont plus grands que les convictions. Je fais le choix de m’exprimer ainsi, avec sincérité, car c’est la confusion et les discours caricaturaux qui nourrissent la crise de confiance des citoyens vis à vis des élus. »

« L’extrême droite est dangereuse pour la France, pour la République et pour le département évidemment »

Le président du Département n’a pas manqué d’égratigner le Rassemblement National. « Macron a sorti la France d’un affrontement gauche/droite sans réussir à créer un consensus autour d’une politique équilibrée. Il était encore temps d’essayer et de saisir l’occasion qui se présentait pour constituer une force démocrate, une force de la raison, qui rassemble la gauche démocratique, le centre et la droite modérée, face aux populistes et aux extrémistes. On est en train de passer à côté d’un rendez-vous majeur. L’extrême droite est dangereuse pour la France, pour la République et pour le département évidemment. Il n’y a qu’à lire les déclarations du candidat RN qui qualifie le projet d’hôpital commun des Hautes-Pyrénées, de « ridicule et néfaste » pour s’en convaincre. Ceux qui ont voté RN aux élections européennes par protestation, par détestation, par provocation, doivent en prendre conscience. De son côté, l’alliance avec LFI et le NPA est plus qu’une erreur, c’est une faute. Leur nature est la violence. Leurs pratiques sont le conflit, la vindicte, l’opprobre, l’outrance. Je sais que mes propos donneront lieu, sans doute, à des commentaires, peut-être aussi à des tentatives de récupération, mais j’ai toujours porté une parole libre. Je n’ai pas été élevé dans le sérail, j’ai coutume de dire que j’ai grandi dans le Louron, à l’épreuve des faits et des réalités de terrain d’un territoire démuni. »

« Aujourd’hui, je ne veux pas rester silencieux »

Le président Pélieu a expliqué qu’il ne pouvait pas rester silencieux. « Aujourd’hui, je ne veux pas rester silencieux dans cette situation qui, je l’avoue, est un véritable crève-coeur pour moi, en tant que responsable politique local qui a toujours cherché à travailler dans le consensus. J’ai été élu ici, à la présidence du Département, dans l’adversité. Une adversité que nous avons su dépasser en installant une gouvernance consensuelle, malgré nos différences, réelles. Consensuelle ne veut pas dire molle. Au contraire. Nous avons su adopter de vraies positions fortes. Nous avons eu aussi des moments de confrontation ou on pouvait chacun avec sincérité et bonne foi exprimer des avis différents. Mais en toute circonstance, j’évite les logiques d’appareil et je privilégie l’analyse technique, l’écoute, le débat et le respect des positions de chacun. Cette méthode, respectueuse de la richesse de chacun et libérée des visions dogmatiques, a permis de construire un vrai collectif au sein de notre Institution. Et je ne suis pas mécontent de pouvoir vous dire aujourd’hui que notre Institution résiste, pour l’instant, mieux que la plupart des autres Départements avec une baisse des DMTO plus modérée que la moyenne. Ce qui va m’amener à proposer une modification marginale de nos prévisions budgétaires, quand tant d’autres départements, y compris nos proches voisins, doivent d’ores et déjà faire des coupes brutales dans leur budget. On peut faire de la politique autrement. On le fait modestement à notre échelle. Et on peut le faire aussi à l’échelle nationale : en ayant un langage de vérité vis à vis des citoyens et pas des discours démago et caricaturaux qui ne peuvent que générer déception, frustration et défiance. 

en travaillant davantage en proximité avec le terrain et moins enfermés dans des bureaux parisiens.

en acceptant les différences sans asséner insultes et anathèmes à tout bout de champ.

Bref, en privilégiant l’intelligence collective et l’intelligence de terrain. Le rejet des extrêmes, de droite comme de gauche, n’est pas pour moi qu’unequestion politique, c’est aussi et d’abord une question de dignité. Pour l’homme que je suis, pour ma famille qui a subi les pratiques outrancières de LFI. Pour la France de de Gaulle, qui a su restaurer l’honneur de la République, après les heures sombres de son histoire, dans un gouvernement provisoire d’union nationale, qui allait des communistes aux républicains populaires, en passant par les socialistes, radicaux, et centristes, tous unis pour mettre en oeuvre le programme des Jours heureux. Et derrière ce titre sublime se cachait une vision du monde qui nous laisse aujourd’hui rêveurs et envieux. Je vous remercie pour votre attention et vous propose de passer à l’examen des dossiers à l’ordre du jour ».



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