L’exposition itinérante « Mémoire volée » ravive la mémoire des victimes du nazisme à Lourdes. Objets confisqués, histoires retrouvées : chaque pièce raconte une vie interrompue. Une démarche de restitution et de transmission essentielle.
#StolenMemory ou « Mémoire volée », c’est le nom de l’exposition itinérante exceptionnelle qui s’est ouverte au public au jardin des Tilleuls et qui restera en place jusqu’au 7 juin. Une plongée bouleversante dans l’intimité des victimes du nazisme à travers leurs affaires personnelles dont elles ont été dépouillées dans les camps de concentration. Bijoux, lettres, photographies ou petits souvenirs, témoins d’une vie d’avant l’horreur, leur étaient confisqués à leur arrivée dans les camps. Conservés depuis plus de 80 ans, ces objets attendent aujourd’hui d’être restitués aux familles.
« Il faut sanctuariser ces moments »
Portée par les Arolsen Archives, la plus grande collection d’archives au monde consacrée aux victimes et survivants du régime nazi, cette campagne internationale défend une mémoire active fondée sur la transmission, la recherche et la justice. Elle bénéficie du soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. La présentation de l’exposition s’est déroulée le 8 mai dernier, jour du 81e anniversaire de la victoire de 1945. Thierry Lavit, maire de Lourdes, a expliqué en quoi ce vernissage était « atypique » : « Il s’agit d’une journée importante pour les Français et ces moments-là, il faut les sanctuariser, il faut en parler, expliquer pour ne jamais oublier. » Une exposition qui s’inscrit dans un ensemble de rendez-vous destinés à faire vivre l’Histoire : « Nous devons imprimer dans la mémoire de nos enfants ce devoir de mémoire. »
Un moment émouvant, en présence de Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées, qui avait tenu à être présent, tout comme l’adjointe en charge des affaires culturelles, de l’égalité femmes-hommes, de la lutte contre les violences et les discriminations, Dominique Arramond : « Je suis très honorée de présenter cette exposition incroyable et j’invite tous les habitants de Lourdes et du territoire à venir la visiter jusqu’au 7 juin. »
Une pièce de théâtre émouvante
L’occasion pour elle de dévoiler une autre facette de cette programmation en lien avec le sujet : la pièce de théâtre prévue le mercredi 3 juin au Palais des congrès à 20 h 30. « Il s’agit de Zweitzeuge, grand-père était nazi, qui met en scène un survivant de la Shoah face à la petite-fille d’un auteur de crimes nazis. »
Un avis partagé par Jean-Georges Crabarie, conseiller municipal délégué aux associations patriotiques et à la sécurité publique : « Aujourd’hui, je suis fier et ému. Nous travaillons à organiser des cérémonies qui ressuscitent la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté. N’oublions jamais toutes les victimes de ces tragédies. Nous devons transmettre cette mémoire aux plus jeunes, celle de ceux qui ont combattu dans le froid et le silence. Nous leur devons le respect. Honorons chaque existence, chaque famille marquée à jamais, et n’oublions jamais tous nos héros inscrits sur la pierre de nos monuments aux morts. Arrêtons-nous, non pas pour pleurer, mais pour nous souvenir et les remercier. »
Une exposition qui s’inscrit dans une campagne internationale de restitution aux familles des victimes de la barbarie nazie, ouverte à tous, dans un conteneur accessible de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures. Les visiteurs peuvent y découvrir cinq histoires de victimes dont les familles sont recherchées, l’histoire de cinq restitutions réussies accessibles via des QR codes ainsi que des panneaux pédagogiques expliquant le système concentrationnaire nazi.


