Samedi 18 juillet, Evy, originaire des Hautes-Pyrénées, a assisté au concert de Bad Bunny à Milan. Mais un orage de grêle est venu gâcher le show. La spectatrice a péniblement tenté de se mettre à l’abri dans un hippodrome à ciel ouvert. Le concert n’a jamais repris. Evy nous raconte une soirée « d’apocalypse ».
Leur moment de bonheur a viré au cauchemar. Samedi 18 juillet, à Milan, un groupe de trois Bigourdans a essuyé le déluge pendant le concert de l’artiste international Bad Bunny. Evy, sa sœur Léa et son compagnon avaient pourtant tout prévu depuis plus d’un an. « On a déjà eu du mal à réserver les places, en mai 2025. On s’est retrouvés sur liste d’attente pendant plusieurs heures avant que la situation ne se débloque et qu’on ait accès à la vente », se souvient Evy, 20 ans, qui vit à Aureilhan. Après avoir payé 240 € pour trois places, le trinôme réserve ensuite le vol Tarbes-Milan, puis l’hébergement sur place.
« Samedi, on est arrivés juste dix minutes avant le concert. On se place dans l’hippodrome, l’ambiance est au festival en plein air », raconte encore la Bigourdane. Comme elle, près de 80 000 personnes ont fait le déplacement pour voir le chanteur incontournable. Le show commence avec le titre La Mudanza que la Pyrénéenne en BTS communication connaît par cœur. « Il arrive sur scène dans son costume blanc, on le voit parfaitement bien sur le grand écran et, même si on est au fond de l’hippodrome, l’ambiance est digne du premier rang », précise Evy, toute en paillettes, en short et en débardeur.
Difficile de se mettre à l’abri
Après cinq morceaux, le ciel s’assombrit et la pluie commence à tomber. « Sur scène, Bad Bunny s’en réjouit parce qu’il explique avoir très chaud », commente encore la fan. Mais les réjouissances sont de courte durée. Car sur le prochain titre, le bien célèbre Nuevayol, les festivités tournent court. « On voit quelques éclairs et là, on comprend que ce n’est plus la même chose. Bad Bunny sort de scène à la moitié de son concert, comme c’était prévu et, au micro, une voix annonce que le concert est interrompu pendant dix minutes », explique Evy. Le concert ne reprendra jamais. La pluie fouette désormais les festivaliers qui essaient de se mettre à l’abri. Pas simple dans un hippodrome intégralement à l’air libre.

Dans les enceintes, une nouvelle voix demande cette fois-ci aux spectateurs d’évacuer le terrain. Alors que les éclairs fendent le ciel, Evy, Léa et son compagnon finissent par suivre la foule et se réfugier sous un hangar. « C’est l’apocalypse, on est pris dans un mouvement de foule, c’est impressionnant. Les grêlons tombent, devant nous, un homme est blessé à la tête et saigne beaucoup. Sa copine éponge le sang avec ce qu’elle peut », remarque alors la Pyrénéenne. Elle reprend : « C’est la panique, on est dans le flou, on ne sait pas si le concert va reprendre ou pas, en tout cas, on est vraiment trempées et moi, j’ai de l’eau jusqu’aux chevilles alors que je mesure 1,70 m ».
Quand la tempête se calme enfin, au bout de quinze minutes, l’hippodrome est inondé. Naturellement, les spectateurs quittent le site. « La peur a pris le dessus, on voulait rentrer à l’hébergement et se mettre en sécurité. Tous les taxis étaient pris, heureusement, on a trouvé un bus pour rentrer », note-t-elle encore. Le lendemain, elle apprend que le concert ne sera pas reporté et que les billets seront remboursés intégralement. « On était extrêmement déçus car on l’attendait depuis longtemps. En plus, la légende veut que sa deuxième date dans chaque ville soit phénoménale. C’était bien la deuxième date et elle était bien phénoménale mais pas comme on l’espérait », sourit quand même la fan de Bad Bunny. Elle s’est consolée en visitant Milan et son célèbre duomo.


