Un homme était jugé devant le tribunal de Tarbes pour trafic de cocaïne à Lourdes. Il s’agissait du principal revendeur dans l’affaire de trafic de stupéfiants démantelé par le commissariat de Lourdes en fin d’année dernière. Il a été condamné.
C’était « la plus grosse affaire de l’année » pour la police de Lourdes. Adrien* comparaissait ce mercredi 20 janvier devant le tribunal de Tarbes pour trafic de stupéfiants et violation de domicile à Lourdes.
L’affaire remonte du printemps à fin novembre 2025, lorsque les policiers démantèlent plusieurs trafics de stupéfiants. « Ils ont remarqué que soit votre nom, soit votre surnom apparaissaient régulièrement quand ils ont interpellé consommateurs et trafiquants », explique l’assesseur.
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Rapidement, son implication en haut du réseau lourdais semble se confirmer au cours de l’enquête fouillée du commissariat, même s’il va nier dans un premier temps : « Plusieurs choses sont bizarres, des changements de téléphones incessants, ils voient des transactions de la main à la main. […] Des écoutes téléphoniques éloquentes : des échanges avec des quantités, des sommes, des clients à livrer en urgence, des préparations de livraison… »
Un système bien rodé
En tout, 3,4 kilos de cocaïne auraient été écoulés en huit mois selon la police, explique le tribunal, pour 68 000 euros de bénéfice selon la procureure. Un chiffre nié par l’intéressé, qui revendique dix fois moins : « Ça ferait plus d’une trentaine de transactions journalières pendant les huit mois, ce qui ne ressort pas des enquêtes policières », répond l’avocat de la défense.
C’est en tout cas un système bien rodé qui a sévi pendant plusieurs mois. « Vous donnez des instructions à certains livreurs, qu’il faut aller vite », explique l’assesseur. Avec une « réelle hiérarchie entre vous et les revendeurs, toujours porteurs de petites quantités, car le revendeur peut toujours arguer d’une consommation personnelle », continue la procureure. Sur Lourdes, un box loué au nom de la mère du prévenu servait de point de stockage, où l’un des revendeurs se rendait pour récupérer la marchandise.
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Mais ce qui ressort de l’audience, c’est surtout l’emprise du prévenu, « la peur que vous inspirez à tout le monde, les consommateurs, vos coauteurs de trafic, et même vos proches : votre frère, votre mère… Tout le monde a peur de vous », confirme l’assesseur. « Le règne de la terreur, c’est comme ça avec lui », confirme sa mère lors des auditions, avec qui il est en mauvais rapport aujourd’hui.
Hôtels, restaurants…
Le prévenu a déjà un lourd casier judiciaire : 24 condamnations, dès sa minorité pour des faits de vols, port d’armes, violation de sépulture, évasion sous surveillance électronique… Il est aussi accusé lors de l’audience de violation de domicile.
Pour se justifier, l’homme affirme avoir quitté Perpignan, et être revenu sur Lourdes pour un emploi, mais avoir basculé suite à des différends avec sa mère qui devait l’héberger. « Entre les nuits passées dehors, ma femme loin, j’ai été reconfronté à l’alcool et la cocaïne […] J’ai vu une opportunité de sortir de la galère, entretenir ma femme et mon bébé. »
Une version qui n’a pas convaincu la procureure : « Je ne crois pas que les investigations ont montré que c’était pour assurer la cellule familiale, c’était pour son propre profit, ses propres intérêts qu’il a réalisé ce trafic. » L’argent permettait notamment au prévenu d’aller au restaurant deux fois par jour, ou parfois de dormir à l’hôtel.
Reconnaissant finalement la majorité des faits, le prévenu affirme aujourd’hui les regretter, et avoir « pris la décision d’en finir avec (sa) vie de voyou. » Il a été condamné à trois ans de prison avec maintien en détention, 50 000 euros d’amende, interdiction d’entrer en contact avec les protagonistes de l’affaire, interdiction de séjour à Lourdes pendant cinq ans, et confiscation des biens saisis.


