Comme partout en France, le trafic et la consommation de cocaïne se sont « banalisés » à Lourdes. Un fléau contre lequel la police a intensifié son action, avec des résultats probants.
Ces dernières semaines, la police nationale de Lourdes a mené deux belles affaires concernant des trafics de drogue, et plus précisément de la cocaïne. La première, début octobre, a d’ailleurs conduit à l’arrestation puis à la condamnation de l’ancien basketteur professionnel de l’Union, Mike Joseph. La seconde, fin novembre, a permis de démanteler un important trafic, dont l’individu principal écoulait environ 100 grammes par semaine.

Deux belles prises, quasiment coup sur coup, qui suscitent naturellement une certaine inquiétude… Comme probablement de nombreux Lourdais, nous ne pensions pas que la cité mariale était sujette à de tels trafics. « Sur Lourdes, la quasi-totalité de nos affaires de stups concerne de la cocaïne, reconnaît le commandant Humberto Dos Santos, à la tête du commissariat de police lourdais. Mais la situation n’est pas du tout dégradée pour autant : lorsqu’on se balade en ville, on ne voit pas des trafics à chaque coin de rue… Cela reste maîtrisé. Il faut bien comprendre que le trafic n’est pas pire ici qu’ailleurs. »
Phénomène national
Il s’agit en effet d’un phénomène national : le trafic et la consommation de cette poudre blanche ont explosé ces dernières années, partout en France. « Il y a comme une démocratisation de la cocaïne, poursuit le chef de circonscription. Le prix a beaucoup baissé et c’est un produit qui se trafique facilement puisqu’il est discret (ne sent pas) et hyper rentable. La cocaïne n’est plus l’apanage des grandes villes ou du showbiz : on en trouve désormais de partout et on peut s’en fournir assez facilement, même dans une petite ville comme Lourdes. »
Une conjoncture nationale qui se retrouve à l’échelle locale, comme le confirme Vincent Ricarrère, éducateur spécialisé à l’association Addiction France dans les Hautes-Pyrénées : « La consommation de cocaïne se banalise dans tous les milieux et tous les secteurs de la société. De plus en plus de personnes nous contactent pour des problèmes d’addiction à la cocaïne. En général, leur consommation répond toujours à un besoin : gérer la pression, tenir le coup au travail, etc. Et elles ont besoin d’aide pour sortir de cette addiction… Mais vu qu’il n’y a pas de traitement de substitution aujourd’hui pour la cocaïne, on travaille avec ces personnes pour voir comment elles peuvent faire différemment. »
40 dealers interpellés à Lourdes en deux ans
L’offre et la demande en cocaïne connaissent donc une explosion partout en France, tel un « tsunami blanc ». Un constat dont les pouvoirs publics ont pleinement conscience, et qui a conduit la police de Lourdes à intensifier son action en matière de lutte contre les trafics de drogue. « Depuis deux ans, nous avons créé une brigade de surveillance et d’interpellation (BSI), c’est-à-dire une unité avec des effectifs dédiés sur les trafics de stupéfiants, rappelle le commandant Dos Santos. Avant de procéder à une interpellation, il y a généralement plusieurs semaines d’enquête… Les policiers lourdais de la BSI font un gros travail, parfois même sur leur temps personnel, et c’est à eux que revient tout le mérite. »
Car les résultats sont là : 14 trafics de drogue et 25 points de deal ont été démantelés ces deux dernières années, contre seulement trois en 2023. « Presque 40 dealers et 400 acheteurs ont été interpellés sur Lourdes depuis 2024. Sur l’année 2025, nous avons saisi 300 g de cocaïne, 800 g de résine de cannabis, 100 g d’herbe et une cinquantaine de comprimés de drogue de synthèse, détaille le chef de circonscription. Si l’on parle plus des trafics de drogue sur Lourdes, c’est aussi parce que nous avons renforcé notre action en la matière. C’est un sujet que nous avons pris à bras-le-corps pour empêcher des gens de s’engouffrer dans cette voie-là. »
De beaux résultats, « une victoire » même selon le commandant, sur une problématique majeure de santé publique…


