L’exposition photo sur l’abandon animal s’affiche dans les vitrines de Lannemezan. Les clichés de Diane Weiszberger dévoilent la détresse des chiens délaissés et rappellent la responsabilité de chaque propriétaire.
C’est une exposition qui ne peut pas laisser insensibles celles et ceux qui passeront devant, puisqu’elle est installée dans les vitrines d’une quinzaine de commerçants de Lannemezan. Une manière originale d’aller à la rencontre du public et de porter un message fort au cœur même de la ville, là où chacun peut prendre quelques instants pour s’arrêter et réfléchir.
Diane Weiszberger, photographe et portraitiste maintes fois primée, installée rue Thiers, est une amoureuse des animaux. Ce n’est pas la première fois qu’elle collabore avec le refuge Les Potes à Pouf pour aider à faire avancer la cause animale et faire reculer la cruauté trop souvent constatée. En fin d’année, c’est à elle que l’on devait déjà le calendrier vendu afin de récolter des fonds destinés à améliorer le quotidien des chiens et des chats recueillis sur place.
Et justement, c’est à ces êtres sans défense qu’elle a consacré une série de clichés illustrant avec force la détresse de ceux dont les propriétaires se débarrassent, souvent sans aucun scrupule, même après des années de vie commune. Des images qui touchent directement au cœur celles et ceux qui, comme elle, aiment les animaux et refusent de détourner le regard face à leur souffrance.
Une manière aussi de réveiller les consciences, aussi peu nombreuses soient-elles : « J’ai eu cette idée dans la nuit, comme toutes mes idées d’expositions. C’est vraiment une cause qui me tient à cœur, car j’aime énormément les animaux et je ne comprends absolument pas comment des gens peuvent faire ça. Les abandons, c’est d’ailleurs le thème de cette exposition. Le but, c’est de sensibiliser les personnes et, si je peux retenir l’attention d’au moins deux d’entre elles, ce sera au moins ça de gagné et des animaux qui seront sauvés. »
« Montrer la détresse »
Sur les clichés, des chiens, les pattes posées sur les grilles de leur box ou prostrés dans un coin, racontent l’histoire de leur vie et la souffrance qu’ils éprouvent malgré toute l’attention que leur accordent les bénévoles. Leurs regards semblent parfois résignés, parfois remplis d’espoir, comme s’ils attendaient encore le retour de celui ou celle qui les a abandonnés.
« Les animaux ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ce n’est pas humain de se comporter comme cela. Ils n’ont rien fait de mal, rien demandé, et ça me rend folle. J’ai eu envie de montrer cette détresse », poursuit la photographe.
L’occasion de mettre les propriétaires devant leurs responsabilités. Un message adressé à ceux qui, à la moindre difficulté, se débarrassent de leur fidèle compagnon sans se retourner et sans se soucier de ce qu’il ressent ni de ce qu’il va devenir. « Il faut que les gens réfléchissent avant de prendre un chien. C’est un engagement de dix, quinze, parfois vingt ans, et ce sont aussi des frais à prévoir : la nourriture, les soins, l’éducation. Et quand la réflexion est aboutie, allez en refuge rencontrer les chiens. Ils sont nombreux à n’attendre qu’une chose : recevoir, mais aussi donner de l’amour. »
Ne manquez pas cette exposition, visible dans les vitrines des commerçants du centre-ville jusqu’aux alentours du 20 juin. Elle partira ensuite à Tarbes, à la résidence pour personnes âgées Le Stade, où son message continuera de sensibiliser le public à une réalité encore trop souvent ignorée, le cri silencieux des abandonnés.


