À Laloubère, pendant deux ans, un homme a harcelé son ex-compagne ainsi que ses beaux-parents. La victime a notamment relaté les innombrables appels et messages reçus, jusqu’à une centaine par jour. Sa mère a déposé plainte également pour dégradations. L’homme a été condamné ce jeudi par le tribunal de Tarbes.
Pendant plusieurs mois, Maxime a fait vivre un enfer à son ex. De 2024 à 2026, l’homme qui ne supporte pas la rupture va employer les grands moyens, croyant la reconquérir. « Il rôde autour de chez moi et de mes parents. Je le vois à 7 h 45 quand je sors de chez moi pour aller travailler, puis, à 21 h 15, quand je promène mon chien. Je n’en pouvais plus », finit par lâcher à la barre, lasse, la victime. À Laloubère, pendant deux ans, c’est pourtant le même scénario qui se produit tous les jours. Maxime écrit à son ex, Maxime appelle son ex, Maxime laisse des messages à son ex.
Il l’attend devant chez elle ou devant chez ses parents, sonne à l’improviste et parfois, se pourfend en insultes et en menaces quand il la croise. Tous les matins, il a pris l’habitude de boire son café près de chez elle, pour mieux la surveiller. « Il guette toute ma vie, même quand je promène mon chien au parc, quand il fait nuit, il est là. J’ai même dû me munir d’une bombe lacrymogène », résumera aux policiers l’ex-compagne. Certains jours, elle peut recevoir jusqu’à 100 messages de sa part.
Il récupère l’enjoliveur alors qu’il la suit sur l’autoroute
Et puis, sans prévenir, il asperge sa voiture de moutarde. Un autre jour encore, il récupère l’enjoliveur qui s’est décroché de la voiture de la victime, puisqu’il la suit sur l’autoroute. Le soir, en rentrant du travail, l’enjoliveur a été déposé devant chez elle. « C’était un hasard ou encore une façon de lui montrer que vous la surveillez ? », l’interroge la présidente du tribunal. Réponse de l’intéressé : « Je reconnais l’avoir harcelée. J’ai des problèmes d’alcool, surtout depuis la séparation. J’aimerais la laisser tranquille mais je n’y arrive pas, malgré mes séances avec un psychologue », confie-t-il à la barre du tribunal de Tarbes ce jeudi 3 septembre.
« Un soir, je parlais avec mon voisin, il était là, il m’a suivi, il était jaloux », raconte-t-elle aux enquêteurs. Un psychiatre établit un diagnostic sans appel : la plaignante a perdu 5 kg, a des troubles de l’anxiété et des tremblements, une « insécurité qui l’empêche de gérer son quotidien ». Le harcèlement ne se limite pas à son ex. Maxime rend également visite à ses beaux-parents, même le jour des obsèques du père de la victime. En mars 2025 c’en est trop : la victime dépose plainte. Maxime écope d’une ordonnance pénale mais ne respecte pas l’interdiction de contact. La mère de la victime porte plainte à son tour pour dégradations : l’accusé a forcé le portail d’entrée pendant la nuit du nouvel An. 15 plaintes seront déposées dont trois rien qu’en un mois.
« C’est un appel au secours »
« Ce qu’on attend de vous c’est que vous soyez inexistant dans sa vie », le prévient la procureure. En détention provisoire depuis le 9 juillet, l’homme comparaît pour harcèlement et dégradations. « C’est quoi la prochaine étape ? Moi ce qui m’inquiète c’est qu’il réitère à sa sortie de prison », pointe du doigt Me Julien Soulié pour les parties civiles. « Dans son malheur, il va chercher à l’importuner. C’est un appel au secours », a réagi Me Didier Sans qui s’inquiète des conséquences d’une incarcération. La procureure a requis 8 mois dont 4 assortis du sursis simple pendant deux ans. La cour a finalement statué sur 12 mois de prison avec 6 mois de sursis probatoire pendant 2 ans, avec une obligation de soin et une interdiction d’entrer en contact avec la mère et sa fille.


