Mort de Roland Bertranne :  » Roland était pour moi comme un fils »,  » un monument du rugby Haut-Pyrénéen s’en va « , de Gachassin à Noves en passant par Armary le monde du rugby rend hommage à l’ancien international bagnérais

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l’essentiel
Des anciens joueurs comme Louisou Armary, ému aux larmes, à ses anciens coéquipiers comme Jean-Michel Aguirre ou Serge Blanco, en passant par Jean Gachassin qui l’a repéré étant jeune, tous ont rendu un vibrant hommage à l’ancien centre mort ce jeudi à l’âge de 75 ans.

Jean Gachassin (ancien international et ancien entraîneur de Roland Bertanne) : « C’est un choc, c’est dur. Ça fait mal d’autant plus qu’on était très proches. C’est moi qui l’ai repéré en junior et c’était devenu un ami. Je l’ai vu jouer en scolaire et, voyant le potentiel de ce gars exceptionnel, je suis allé voir ses parents pour le faire signer à Bagnères quand le club venait de monter en National. C’était un mordu de rugby. Il manquait un peu de technique mais il avait des jambes extraordinaires. Je lui faisais faire des passes, des passes et des passes. Il s’appliquait parce qu’il voulait y arriver et il est devenu un champion. Mais il est toujours resté fidèle à Bagnères comme en amitié. On se retrouvait le dimanche pour aller voir les matchs du Stade Bagnérais. On parlait de rugby mais aussi de la vie. On avait un respect mutuel énorme. Roland était pour moi comme un fils rugbystiquement parlant. C’était un homme loyal, fidèle, simple, généreux, respectueux et attaché à la ville de Bagnères. C’était une très belle personne. Il a redonné au rugby ce que le rugby lui avait apporté. C’était un grand monsieur, sportivement mais aussi humainement. Il était aussi très attaché aux valeurs familiales. J’ai d’ailleurs une pensée très forte pour Martine, Franck, Davina et ses petits-enfants. »

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Jean-Michel Aguirre (ancien international) : « Cela a été une grosse tristesse. Quand un copain, un camarade, un ami de jeu disparaît, c’est toujours très dur. (silence) C’est vrai que la maladie l’avait déjà énormément touché, mais quand c’est la mort d’un copain, c’est dur, très dur. »

Serge Blanco (ancien international) : « Roland, c’est comme un grand frère. J’ai eu la chance de connaître mes premières sélections, de le connaître et de partager cette vie rugbystique intense avec lui. J’ai fait ma première tournée en 1979, c’était comme un grand frère. En 1980 j’ai eu ma première sélection, et voilà, c’est beaucoup d’émotion. Roland, c’était quelqu’un d’humain, il avait une vision complètement différente de ce que l’on pouvait avoir. C’était un garçon d’un réalisme exceptionnel, il était toujours en train d’aider les autres, toujours là pour relativiser certaines choses. Par contre, une fois qu’il endossait le maillot, que ce soit celui de Bagnères ou surtout celui de l’équipe de France, c’était un battant, un très grand joueur. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, qu’il était seulement costaud et dur, il a été l’un des premiers centres modernes à allier l’élégance, la technique et la force. C’est pour cela qu’il a été d’ailleurs détenteur du record de sélections en équipe de France. »

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Louisou Armary (ancien international) : « C’est une personnalité du rugby français qui s’en va, un grand personnage, mais vu sa maladie, je peux comprendre aussi que ça doit être un grand soulagement pour son épouse Martine. Ces deux dernières années, cela a été compliqué pour lui mais aussi pour elle. Mais je me répète, c’est un grand monsieur du rugby qui a marqué le rugby bigourdan, les Hautes-Pyrénées. Qu’il repose en paix. C’était un homme de l’ombre, très discret, mais qui avait une grosse empreinte sur les terrains. »

Jean-Pierre Garuet (ancien international) : « C’est un monument du rugby haut-pyrénéen qui s’en va et qui nous quitte. C’était un monstre des Hautes-Pyrénées. Vraiment, cela nous touche. Il était recordman de sélections, et puis l’homme qui se sacrifiait, qui était hors norme. Il était international jeune, recordman de sélections et ne mérite que le respect, tout simplement. »

Guy Novès (ancien international et ancien entraîneur du Stade Toulousain) : « Je l’ai côtoyé le peu de fois où j’ai joué en équipe de France. C’était quelqu’un de très réservé, qui n’était pas expressif. Mais sur le terrain, tout le monde connaissait son envie. Il ne cherchait pas la lumière mais il était très efficace. Il était loin des gabarits actuels mais il dégageait cette impression de force, avec son tempérament énorme. Il s’engageait et tu avais envie de le suivre, de te dépasser, de mourir avec lui, tout simplement. »

Antoine Marin (ancien président du Comité Armagnac-Bigorre) : « Je le connais depuis l’âge de 17-18 ans quand il habitait à Ibos. On était copains. C’est de là que l’on se connaît, et dans cette relation, il est toujours resté le même. Quand il a été au plus haut, il a toujours gardé cette relation d’amitié et de jeunesse. Ensuite il a été mon co-président au Comité Armagnac-Bigorre pendant 20 ans, et c’était pareil : la simplicité, la gentillesse et la compétence. Il était manager de l’équipe du Comité AB de la Coupe de la Fédération qui avait été championne et je peux te dire qu’il savait, avec ses mots, parler et transcender les joueurs. Je crois qu’il était aussi grand dans la vie que sur le terrain. »

Patrice Padroni (co-président du Stade Bagnérais) : « C’est d’abord un grand monsieur du rugby français, quelqu’un qui a eu le plus grand nombre de sélections en tant que centre, à l’époque où il n’y avait pas toutes ces tournées. Il a eu le plus grand nombre de sélections consécutives. Mais pour Bagnères, c’est une perte terrible. On perd un emblème du club de Bagnères, le capitaine des grandes années, un homme toujours investi dans le club et quelqu’un de formidable. J’en parle là en tant qu’ami, j’allais le voir régulièrement et c’est quelqu’un qui nous a tous marqués par sa gentillesse et son côté humble. C’est un grand choc pour le Stade Bagnérais, et vu les réactions reçues depuis ce matin (hier matin NDLR), on s’aperçoit bien de ce qu’il représentait dans le rugby français. »

Claude Cazabat (maire de Bagnères-de-Bigorre) : « Nous venons de perdre un ami à la personnalité très attachante. Roland aura été l’une des figures emblématiques du Stade Bagnérais. Roland était quelqu’un de gentil et disponible, avec son caractère très réservé. Il aura marqué l’histoire du Stade en tant que joueur, dirigeant et co-président, mais aussi en tant que membre du Comité Armagnac-Bigorre et dirigeant fédéral. On gardera de merveilleux souvenirs de ses actions tranchantes sur les terrains de rugby ou sur l’écran de télévision avec le Tournoi des 5 Nations, mais nous garderons aussi en mémoire l’homme affable et souriant, doté d’admirables qualités humaines. »



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