La mère de Saint Carlo Acutis, premier millénial canonisé, a attiré des milliers de fidèles à Lourdes pour un témoignage marquant autour de la figure de son fils.
« Une mère de saint, cela ne court pas les rues… » Pour reprendre les mots du frère Hervé Jégou, directeur du pèlerinage du Rosaire, il est vrai que la présence cette semaine à Lourdes d’Antonia Salzano Acutis avait un caractère assez exceptionnel. La maman de Carlo Acutis, adolescent italien canonisé le 7 septembre dernier par le pape Léon XIV, est venue témoigner au Sanctuaire, ainsi qu’à l’église paroissiale du centre-ville, lors d’une conférence intitulée « Le secret de mon fils : comment il est devenu saint », en lien avec le livre qu’elle a écrit aux éditions Artège.

Si nous avions connaissance de la popularité mondiale de ce saint surnommé le « geek de Dieu », premier millénial canonisé par l’Église, jamais nous aurions imaginé que sa mère déplace autant les foules. Alors que les conférences du Rosaire ont lieu habituellement à l’église Sainte-Bernadette, c’est cette fois le « grand vaisseau de pierre » de la basilique Saint-Pie-X qui a été réquisitionné.
Et il n’aurait pas fallu moins : près de 6 000 fidèles se sont massés dans l’édifice souterrain pour écouter religieusement Antonia. Telle une rockstar qui remplirait un zénith, il était impossible de dénombrer la multitude de téléphones braqués sur elle pour garder un souvenir de cette maman de saint. Quelques téméraires ont même tenté de l’approcher à la fin de la conférence, en lui courant après, malgré le dispositif de sécurité…

Un saint comme n’importe quel jeune
Cette conférence était assurément un des évènements les plus attendus du Rosaire. Mais plus que la figure de la maman, c’est bien Carlo, le jeune saint, dont il était question. Depuis sa mort d’une leucémie foudroyante en 2006, à l’âge de 15 ans, sa mère est devenue en quelque sorte la messagère de sa pensée et de sa foi.
« Carlo disait qu’il ne faut pas avoir peur de la mort. Pourquoi avoir peur d’aller au paradis ? C’est le passage à la vraie vie, confie Antonia Acutis. Il disait que la vie est un don pour consacrer du temps à Dieu, plutôt que de le gaspiller sur le téléphone et Tik Tok. » Un message adressé particulièrement aux jeunes qui peuvent se reconnaître à travers Carlo : un saint « comme eux » en jean, sweat à capuches et baskets Nike, comme on peut le voir sur sa dépouille exposée à la basilique Saint-François à Assise, en Italie.

Sa maman a souligné combien la simplicité de la vie de Carlo rend la sainteté « accessible » pour les jeunes. Collège, sport, jeux vidéo, amis, famille, sa vie ressemblait à n’importe quel ado de son âge. À l’exception près que le Christ était au centre de ses journées… « Déjà très petit, il avait une présence intérieure, poursuit-elle. Il a fait sa première communion à l’âge de 7 ans et depuis, il allait à la messe et priait son chapelet tous les jours. Il aidait aussi les plus pauvres. »
« Carlo aimait Lourdes »
Surnommé le « cyber-apôtre », Carlo avait fait d’internet un vecteur pour parler du Christ et créé une exposition numérique sur les miracles eucharistiques. Le Vatican a reconnu deux miracles lui étant associés, une condition préalable à sa sanctification. « Il n’est plus là avec les yeux mais il est toujours près de nous, estime sa maman. Chaque jour, on me rapporte des miracles et des conversions par son intercession. C’est le signe qu’il est avec nous. »
Au cours de sa brève existence, Carlo s’est rendu deux fois à Lourdes, accompagné de sa mère : « Pour lui, c’était important de venir. Il était très dévot de la Vierge Marie. Il disait qu’on devait écouter ce que disait la Vierge, ses messages comme ici à Lourdes qui est l’un des plus importants. » Cette année, Antonia est venue seule dans la cité mariale mais, dans son esprit et celui de beaucoup d’autres, Saint Carlo Acutis était là aussi.


