Justice pénale et recel d’or s’entremêlent à Tarbes. Un couple est condamné après un vol à l’abbaye de Tarasteix : six mois sous bracelet pour elle, dix-huit mois de prison ferme pour lui. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette affaire rocambolesque.
Kevin* veut bien être jugé, en comparution immédiate, ce lundi 1er juin, pour les insultes contre les gendarmes, mais pas pour les faits de recel. Aussi, sans avocat, il demande le renvoi sur ce dossier. Le tribunal rejette sa demande, soulignant qu’il a eu trois semaines pour faire appel à un avocat. « Puisque c’est ça, je garde le silence », indique Kevin à la présidente. Elle rappelle que l’abbaye de Tarasteix a été victime d’un vol le 14 février. Des louis d’or et des débris d’or ont été volés. Or, le lendemain du larcin, Kevin se présente avec des pièces et des débris d’or pour les négocier à 2 200 € au magasin Easy Cash de Tarbes.
« Que savez-vous de ce vol ? », interroge la présidente. « J’en ai entendu parler dans les journaux. » Il reconnaît avoir vendu des pièces d’or mais affirme qu’elles provenaient de sa « collection personnelle ». La présidente lui demande s’il en a beaucoup et où elles sont. « Oui… quelque part. » La présidente constate qu’il n’a pas fourni de factures prouvant l’origine des pièces d’or. « On ne m’en a pas laissé l’occasion. » Il ajoute qu’il n’y a pas eu de perquisition à son domicile. En effet, les gendarmes ont effectué, le 10 avril dernier, une perquisition au domicile de sa compagne Mélanie. Et cela n’a pas été une sinécure pour les enquêteurs, couverts d’injures, dont certaines homophobes, par Kevin. Mais là-dessus, le prévenu « garde le silence ».
« J’ai des ongles longs »
Mélanie n’a guère apprécié voir les gendarmes retourner son appartement alors qu’elle rentrait chez elle. Choquée, énervée, elle a demandé à lire le mandat de perquisition. « J’ai demandé à lire le papier. Je l’ai pris et le gendarme me l’a arraché des mains. » Elle explique qu’elle a des ongles longs, ce qui explique les griffures au sang sur le bras du gendarme. Mélanie ajoute que le gendarme lui a donné un coup de poing dans le dos avant de la placer en garde à vue à la brigade d’Ossun. « Frapper une femme, ce n’est pas acceptable », dénonce la jeune femme. Zélie Robert, vice-procureure, souligne que les gendarmes ont respecté la procédure. Elle explique ensuite, en substance, comprendre que Mélanie ait été choquée par la perquisition chez elle, mais elle qualifie d’inadmissible l’attitude des deux prévenus.
Me Lorea Chipi, conseil de Mélanie, précise que sa cliente « n’a rien à se reprocher » dans l’affaire de recel. « Aussi, quand elle a vu les gendarmes, un mécanisme de défense s’est aussitôt mis en place. » Elle estime que les faits de violences sur le gendarme ne sont pas caractérisés et plaide la relaxe.
Le tribunal a condamné Mélanie, en récidive, à quatre mois. Il ordonne la révocation de son sursis probatoire de deux mois. Mélanie devra effectuer une peine de six mois sous bracelet électronique et devra verser 400 € de préjudice moral au gendarme qu’elle a griffé. Kevin, pour sa part, écope d’un an ferme pour le recel et de huit mois pour les outrages. Le tribunal ordonne également la révocation de son sursis probatoire de quatre mois et son maintien en détention.


